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vendredi 29 février 2008

Mes insomnies

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lundi 18 février 2008

Si peu de choses ont changé

Si peu de choses ont changé. Je marche le matin de la gare au bureau. Je traverse le quartier où je suis née. Comme au temps du lycée, je porte un cartable en bandoulière. Le laptop a remplacé les manuels. Pin’s et badges se sont barrés.

Le téléphone-qui-fait-tout a remplacé le walkman Sony rouge et les K7 réenregistrées 1000 fois. Quelques chansons font de la résistance.

Les fringues ont perdu leurs couleurs au profit de plus belles étiquettes. Il y a toujours un Tupperware dans le sac sauf que c’est la bonne qui le prépare maintenant. Le mec du kiosque à glace se rappelle toujours de moi et j’y fais toujours une pause avant d’embarquer, sauf que maintenant j’ai un compteur de calories greffé dans le cerveau.

La photo de mon mari et de mon fils a remplacé celle des copines.

Je suis une de celles que le train crache chaque matin dans ce Rabat fade et vieillot. De mini événements rythment mon trajet : La petite Duchesse a rouvert, la chatte de l’épicerie a mis bas. Les docteurs chômeurs du parlement ont remis ca.

Les fauteuils verts du wagon de première accueillent chaque matin la même faune aseptisée qui sent l’after-shave et le dernier parfum à la mode. Les voyageurs dorment sans baver.

Si peu de choses ont changé. Les putes à franges se tortillent toujours dans ma journée.

mardi 11 septembre 2007

Blog en jachère

mardi 19 juin 2007

Smile like you mean it


Je découvre l’esquive, j’adopte le sourire de pure politesse, celui que je rapprochais à mon mari il y a longtemps.

Avant, quitte à me sentir bête, je m’arrêtais et disais bonjour à une vague connaissance de lycée, une nana dont je ne me souvient pas du nom maintenant je regarde à travers, parce que je n’ai pas le temps et parce que je n’ai pas envie de parler pendant 5 minutes à une personne en espérant qu’elle ne découvre pas que j’ai tout oublié d’elle sauf ce menton proéminent.
A présent, j’esquisse un sourire du genre je vous ai vu – reconnu mais j’ai pas le temps. J’ai découvert récemment d’autres pouvoirs du sourire pare-embarras, il me permet d’éviter de taper sur les gens ou de me jeter sur eux une lingette démaquillante à la main :

J’ai un ami qui sort avec une conne et je l’ai vue mardi. Une vraie conne avec pedigree et tout. Son gloss rose est tellement épais, qu’on si on cherchait dedans on trouverais sûrement des mouches captives comme dans de l’ambre.

Madame Conne a des avis sonores et tranchés sur tout. Mme Conne parle anglais tout le temps. Je la soupçonne d’avoir un projet d’immigration. Au début, mon ami, appelons le D, nous parlait d’elle comme en tant « fuck-friend-voisine-bonne affaire question logistique » puis par je ne sais quel miracle la voilà propulsée à notre table au Malango. Mme conne-fuck-friend dont je connais la technique orgasmique grâce à la langue bien pendue de son « ami » boit une tisane en jetant un regard désapprobateur à ma crêpe et parle, parle, parle… Alors, je coupe le son.

Je me perds dans l’épaisseur de son gloss, mon regard s’accroche à un poil de duvet puis coule vers le rebord de sa tasse Bodum. Une épaisse reproduction de ses lèvres y est restée.

Et je remets le son. Then, I smile, like I mean it.

vendredi 8 juin 2007

Allez-Y!

Comme chaque année, je fais de la pub pour le Festival Jazz au Chellah organisé par mon amie Safaa.
Du 15 au 19 juin. Toutes les info sont ici : www.jazzauchellah.com

mardi 29 mai 2007

Maroc Telecons


J’ai l’habitude de rigoler pendant les breaks en regardant French & Saunders. J’aime aussi regarder les dernières interviews de Tori Amos, mon idole absolue. Il m’arrive de me refaire une petite choré Michael Jackson avec mon ami Réda. Et puis je mate plein de vidéo aussi connes les unes que les autres, mais tellement essentielles. Comme vous, comme des millions de gens sur cette planète, je fais tout ça sur un site qui est devenu un reflexe mondial : Youtube.
Sauf que Maroc Télécons a décidé de censurer le site, pour des raisons qui me sont totalement étrangères. Je ne sais pas pour vous, mais moi, je ne renouvellerais pas mon contrat.

samedi 19 mai 2007

Je ne poste pas


C’est un peu con de poster juste pour dire que je ne poste pas. Y’a pas besoin de le dire, ça voit que je ne poste pas. Ce qui ne se voit pas c’est que je n’ai pas envie de poster. Le quotidien qui n’est pas si routinier, la vie qui finalement n’est pas si pute que ça suffisent à mon bonheur.

Je me fais un fix de fus de fruit et compléments nutritionnels en méditant sur les avantages respectifs du travel system Red Castle et Mac Laren.

Donc je ne poste pas et je pars me rafraîchir le bidon ailleurs, pour quelques jours !

jeudi 5 avril 2007

SCD


Je souffre depuis plusieurs années du syndrome Céline Dion. Depuis que j’ai arrêté de me tondre le crâne ou de me teindre les cheveux dans les teintes les plus improbables, depuis que j’ai jeté mes fripes et que je m’habille normalement, les gens croient que j’écoute Céline Dion. C’est bien connu, sans piercing apparent et sans signe extérieur de branchitude, une femme ne peut écouter que Céline Dion.

Si le syndrome Céline Dion n’impliquait que des goûts musicaux douteux, ça aurait été supportable. Non, le SCD est autrement plus insidieux. Il change votre apparence extérieure en quelque chose qui ne vous ressemble pas. Vous avez l’air d’une mère de famille pépère, alors que ce qui vous botte c’est de vous défoncer le crâne avec de la coke coupée aux amphétamines qui vous paralysera la mâchoire pendant une semaine. Pete Doherty dans la peau de Mary Popins, vous imaginez ?

Comme pour tout le monde vous êtes Fatine Hamama, vous vous adaptez au rôle et sortez votre panoplie de sourires 100% pur "bent ennass". Lors de rares occasions, vous avez l’occasion de parler de vos lectures subversives ou de votre amour du punk-rock. Décontenancée, vous avez la diarrhée verbale, et vous serez fière de déshabiller devant l’audience pour leur montrer que sous le pull à col bénitier 123 et le pantalon APC se cache une combinaison de guerrière en cuir moulant à faire pâlir Kate Bush lors de sa tournée 1979.

Les années passant, vous aurez de moins en moins l’occasion de faire ce genre ce strip-tease et quand un vendeur de CD vous proposera le Live in Las Vegas de Céline Dion, vous direz : Soyons fous, prenons du Lara Fabian!

jeudi 15 février 2007

L'update

L’update c’est comme le régime, plus on en repousse la date, plus ça devient difficile.

Morte de trouille que ce blog que j’affectionne tant cesse d’exister dans vos blogrolls cœurs, je me force à me remettre au travail. J’ai depuis deux mois un nouveau boulot qui m’oblige à faire à la navette ainsi qu’un Master en préparation. Ce qui veut juste dire que je n’ai pas une seconde à moi, et quand ça arrive, je préfère rêvasser ou courir après mon chat, l’illustre félin gracieux affublé du sobriquet de Tweezer of the Blue Bottom.
Dire que je n’ai pas eu l’envie d’écrire depuis plus d’un mois serait un énorme mensonge. Je garde le souvenir d’une demi-heure passée à la caisse du Kyotori, à attendre ma commande. Les clients entraient, les clientes papillonnaient et embrassaient le gérant à la barbichette. Ca m’a toujours fascinée cette façon qu’ont les mutantes de déposer des petits bisous sur les joues des coiffeurs et des gérants. Les filles aux grandes bottes et aux franges énoormes qui minaudent pour communiquer. Et je fais une moue par là pour dire que je n’aime pas attendre à l’entrée, et je pousse un petit cri de belette pour dire « ce wasabi est trop fort »…

Puis il y a eu des rencontres dans le train avec un tas de gens, il y’a aussi ce moustachu qui me cherche chaque matin et viens s’asseoir pas très loin et me fixer du regard pendant tout le trajet. Je me dis alors, aujourd’hui est le jour de l’update, mais après je rentre à la maison, j’essaye un nouveau moule à gâteau, je mets Clarika et comme ça, comme par magie l’idée de l’update disparaît.
Tout ça pour vous dire que l’update n’est pas naturelle chez le bloggeur lambda et si je disparais c’est la faute à la vie, à ma petite famille et plus précisément celle du Tweeze.

mercredi 27 décembre 2006

Non ce n'est pas Kaboul


Image prise ce soir dans le train Casa-Rabat.

dimanche 3 décembre 2006

Mouve you boudy



Un peu en retard et en réponse à Label Ash et au Marrakchi, des chansons qui font remuer le popotin:

Celle depuis toujours : Tout comme Onassis, toutes les chansons dansantes de Thriller. Surtout la chorégraphie de Beat it, dans mon bureau avec Réda. :)) ponctuée d'un petit cri Jacksonnien accompagné de la gestuelle indiquée (hein Simo ?)

Celle du moment : "Hips don't lie", (C'est pas tout nouveau, je sais) mais faut dire que pour ce genre de danse, j'ai ce qu'il faut, alors je me gène pas :). Quand j'étais plus jeune, je m'amusais souvent à vider la piste de danse à coups de hanche avec mon frère en boite façon nasty girl !

Celle qui donne chaud partout : Ca dépend des jours, en ce moment, c'est Promiscuous girl de Nelly Furtado et Timbaland.

Celle à l'insu de son plein gré : Banquet de Bloc Party, ca explose et c'est bien.

L'inavouable : Holiday de Madonna. Ca me donne envie de sauter partout comme quand j'avais 13 ans.

Et comme je dois passer le virus à d'autres, je choisis mon grand ami mélomane Réda et puis c'est tout.

mardi 21 novembre 2006

Un Petit Slam de Femme

Quand tu marches dans Casa
Il se trouve toujours un con
pour te dire que s’il pouvait
il te mordrait les nichons

Quand tu marches dans Casa
Tu serres toujours les doigts
Parce qu’il y a toujours quelqu’un
Trop proche derrière toi

Quand tu marches dans Casa
Il se trouve toujours un mec
le nez dans la colle
la tête dans les nuages
qui veut juste ton portable
pour se payer le voyage

Quand tu sors le soir
avec ta paire de nichons
tu te fais toujours emmerder
par un autre type de cons

Le gars saoul et collant
Qui a toujours raison
Qui transpire à grosse gouttes
Et qui a laissé sa meuf à la maison

Le plan "vient chez mon copain
On va terminer la soirée
Vient, on va se faire du bien
Mais non… on veut pas tous te baiser"

et puis quand tu traverses la rue
et que passe un bus
Tu te fais traiter de pute
par des gamins en rut

Les mecs avec qui tu sors
pensent qu’à tirer un coup
Ca te fait plutôt rire
parce qu’ils bandent plutôt mou

T’as eu quelques histoires
Avec des hommes bien
Mais tu t’es vite rendu compte
que sans leur mère, ils ne décident rien

Alors tu rallonges tes jupes
et tu dis "oui" au voisin
Il te dégoute un peu
Le petit moche bigleux
Tu te dis que c’est pas grave
de pas être amoureux
Parce que pour payer l’appart
Il faut s’y mettre à deux

Tu es une femme moderne
un brushing par semaine
A la maison, tu vis un long feuilleton
Le défilé des bonnes
qui dans la vie, te servent de tampon
et font bouffer tes rejetons

Un jour, à la télé
Un égyptien moustachu
Te dis que tu es belle
Et te couronne d'un fichu

Un jour tu rejoins la file
Celle des meufs douces et dociles
Alors que ton homme
Renifle des toisons à peine nubiles

Tu te dis qu'il ne te manque rien
Que ta vie n’est pas dure
Tu es sur le droit chemin
Pile dans ton film de femme mûre



mercredi 1 novembre 2006

Borat: Cultural Learnings of America for Make Benefit Glorious Nation of Kazakhstan

Baron Cohen était déjà hilarant en Ali G mais là, dans la peau d'un improbable journaliste du Kazakhstan, il est absolument à mourir de rire.

Une vidéo hyper marrante ici et encore et plein plein d'autres sur YouTube.

jeudi 19 octobre 2006

Bonne fête ! (déjà)

Je pars demain de changer les idées et me les geler ailleurs. Pas de connexion pendant dix jours.

Alors Bonne Fête à tous !!!


jeudi 21 septembre 2006

La fin de l’été ou le début du Ramadan

Protège-cahiers et chebbakia auront eu raison de l’été. Bientôt, tu parleras de Hassan El Fed. Samedi prochain, point de plage. Il faudra passer la journée à passer la journée, en attendant le premier café du Ramadan. Quel établissement sera de bon ton cette saison, ta collègue de bureau mettra-elle autant de maquillage que l’année dernière, échapperas-tu à la gastro ?

Parmi une horde d’imbéciles sirotant leur Red Bull parce que Châabane et hypocrisie endémique, tu t’acharnes à profiter des derniers week-ends avant Armagedon. Tu auras plus d’embarras que de choix :

Une Bodéga surchauffée et bondée de jeunes et moins jeunes cherchant désespérément à capturer les derniers instants de l’été. De grandes perches toutes de noir vêtues forment un cercle en se dandinant sur de la techno improbable. Quelques branleurs agitent les mains en montrant le plafond genre "c'est-comme-si-j'avais-pris-des extas". La Bodéga sent un mélange d’huile de friture, de fumée de Fortuna et de « Very Irrésistible ».

Le club Miami accueille une soirée sponsorisée par un club de gym. Trois mille personnes. Du mauvais alcool gratuit. Des filles trop blondes. Des dames vieilles et coincées du cul respectables. Des estrades avec des démonstrations de fitness. Les monitrices ont des fesses que tu n’auras jamais. Mais tu leur pardonnes parce qu’elles habitent Oulfa.

Tu traîneras à l’Amstrong-Topkapi où les mêmes têtes viennent se renifler trois fois par semaines. Au Bar Latino, le DJ au bras cassé passe une compil house à des clients recalés ailleurs. Au petit Rocher, le « burn » ne réussit pas aux clients, ils contemplent leur paella-arnaque avec une lucidité inquiétante. Le serveur ne surfacturera pas. Au pulp, une dernière pole dance pour la route.

Tu courras un peu partout à la recherche du fun et la nuit …

Quand personne ne t’écoute et que personne ne voit
Tu fixes le plafond et entends ta voix intérieure
Que même une longue masturbation n’endort pas

jeudi 24 août 2006

The Kooks

Quand j’écoute les Kooks, j’ai envie d’avoir 16 ans, pour m’amouracher de Luke Pritchard, chanteur à la chevelure bouclée et aux T-shirts élimés né en 1985.
Quand j’écoute les Kooks, j’ai envie d’avoir la santé, pour me défoncer.



Pour les écouter : www.radioblogclub.com , Myspace et même les Inrocks.

lundi 21 août 2006

Back

Je reviens de longues « vacances » parisiennes, où mes journées se résumaient à slalomer seule entre les (autres) touristes sous un soleil de plomb puis sous la pluie.

Vendredi dernier, j’ai fêté mes trente ans au Balcon. Ce fameux cap des trentes ans s'est révélé décevant. Je n'ai pas senti de papillons dans mon ventre, je ne me suis pas ruée sur l'anti-rides. J'ai repris deux fois du gâteau. J’ai savouré les pièces de viandes comme d’autres savoureront les cuisses des belles de nuits avoisinantes. La sauce était onctueuse et riche, jusqu’à l’écœurement. Le temps qui passe est adouci par la présence de ceux qu’on aime, vraiment.
Fœtus géants au milieu de l’Utérus capitonné, nous nous serrons les uns contre les autres comme pour faire bloc contre la laideur du monde. Les moues des filles, les calculs des hommes, les moustaches de serveurs.
Et on essaye de danser comme au bon vieux temps. Quand on venait entre copains, défoncés pour une petite dose de craditude dans notre vie polie.
Après la gueule de bois, la vie reprend ses droits. Maroc Telecom, Lydec et Label Vie. Les repas à planifier et le lave-vaisselle à vider.
Quelques fois en zappant entre TV5 Monde, TV5 Europe et Arte, entre un Liban poussiéreux, un Irak fantôme et une Suisse vieillissante, j’entrevois le gouffre de la solitude. Je me lève alors et mange un yaourt.

vendredi 21 juillet 2006

Neneh et moi !


Si on m'avait dit en 1990, alors que je sautillais partout en chantant "Buffalo Stance", que j'allais être la traductrice de Nénéh Cherry pour un jour...
Je me souviens que j'avais fait toutes les bijouteries de la rue des consuls pour acheter les mêmes créoles. Que j'ai fini par trouver en plus petit.
Ce matin, au Hyatt, elle les portait encore ces créoles, ce que je n'ai pas manqué de lui faire remarquer.
Elle est venue au festival de Casablanca en tant que membre du Groupe Cirkus. Formation composée de Neneh Cherry et de son mari Cameron McVey (producteur de Massive Attack, Portishead, Tricky…), et du jeune musicien Karmil et la jeune chanteuse Lolita Moon.

Y'a pas! c'est bon de travailler en indépendant :)


Neneh (photo prise avec mon appareil de merde)

Le groupe (photo officielle)

lundi 19 juin 2006

Le moonwalk


J’aurais voulu vous dire que qu’avant hier au Manhattan, il y avait des putes enragées. J’aurais voulu vous dire qu’on m’a draguée/mis la main aux fesses/insultée. J’aurais voulu vous dire que le groupe était à chier ou que je m’étais droguée. J’aurais voulu vous dire que le blues de 3h du mat rattrapée entre le garage et l’ascenseur.
Mais non, à part un semi-inconnu pique-assiette qui se tape l’incruste parce-qu’on-a-posé-une-bouteille et quelques soucis de circulation dans ce mouchoir qu’est « la cote », rien à signaler.
Le bonheur d’avoir mon chéri à Casablanca pour le week-end. La douceur d’un début d’été.
Hep Réda ! Tant que qu’on peut encore faire le moon-walk en boite on ne vieillira jamais!

dimanche 18 juin 2006

Week-end en enfer

Fidèles lecteurs,

Je mets en ligne la nouvelle la Pimbêche et les mlouks initialement intitulée "Un week-end en enfer" dans sa version non abrégée et non politiquement correct.

Parce que vous le valez bien :-)

UN WEEK-END EN ENFER

Pour se faire pardonner d’avoir complètement foiré ma soirée d’anniversaire, Bibi mon petit ami m’emmène pour un week-end surprise.

M’attendant à un petit saut à Venise ou au pire des cas à Paris, je prépare ma Delsey joyeusement mais sans plus. Me voilà en bas de chez moi dans ma robe Roberto Cavalli et mes escarpins Manolo Blahnick. Le chauffeur, un bronzé aux dents imparfaites, m’emmène à Mohamed V. Bibi, tout en Lacoste m’attend à la porte. Tandis que nous nous dirigeons vers le guichet Regional Airlines je commence à flairer le mauvais coup mais je ne m’alarme pas pour. On ne refuse pas un petit week-end à la Mamounia fraîchement rénovée.

Je regarde mon billet et là c’est le choc : Essaouira !

« On y va pour le Festival ! » éructe Bibi et me regardant avec ses yeux de cocker.

Nous descendons de notre boite de conserve volante et nous dirigeons vers un minuscule aéroport sans la moindre boutique de duty free. Pas de chauffeur à la porte. Ce pauvre Bibi s’agite dans tous les sens pour nous dégoter un taxi. Nous montons dans un de ces horribles grands taxis et nous nous dirigeons vers le centre ville. A ma grande stupeur, nous dépassons le Sofitel. Je sens la panique m’envahir. Je sens que je faire un malaise. Ce qui m’énerve encore plus c’est que Bibi au front transpirant n’arrête pas de sourire genre « c’est la surprise du siècle, je t’en bouche un coin là chérie ».

Nous arrivons dans une grande place et là : plus de route. Un homme avec une brouette portant l’inscription « Riad Al Houte » nous attends. Putain ! Al Houte ! on est pas sorti de l’auberge. Le riad est assez charmant, le personnel aux petits soins. Après une douche, nous sortons faire un tour. Je commence alors à remarquer la foule. Une foule compacte et menaçante. Les mouettes volent bas et chient sur tout le monde. Y’en a même qui sont carrément agressives, je me crois dans une scène « Des oiseaux ». Je commence déjà à ruminer ma vengeance. Un pouilleux en habit folklorique vient nous accoster, chantonne des airs dans une langue incompréhensible et se met à effectuer une chorégraphie simiesque. Ca doit être un congolais celui-là. Totalement excédée, je lui crie « Casse-toi Mamadou ! ». Il continue sa gesticulation et nous empêche d’avancer. L,à j’enchaîne « Dégage Pépito , retourne dans ta plantation! », puis carrément « Du vent Bougnoule !! » Il fini par s’en aller taquiner un couple de Français.

Je ne peux plus supporter cette foule une seconde de plus. Je suis tentée de sortir mon flacon de Lalique et de me frayer un chemin à coup de pschitt mais je ne le fais pas parce que c’est un flacon collector et que Bibi s’en formaliserait par ce qu’il lui coûté 500 euros. Je me contente de me boucher le nez avec mon mouchoir Paul Smith. Non sans peine, nous arrivons à notre restaurant qui lui aussi, vous l’aurez deviné, est un riad (j’en ai marre des riads). Une charmante boutique de babouche m’interpelle. J’en choisi deux paires pour Khadija, ma bonne, mais le petit vieux dit qu’il n’a pas de TPE. Bibi reste comme un con avec son Amex dans la main.

Riad Al Waldine, énorme demeure rénovée. Des petites minettes nous guident vers une table donnant sur la cour centrale. En bas, je vous le donne en mil, un groupe. Un groupe comme ceux des mariages. J’espère au moins pour Bibi qu’ils savent jouer du Pinhas. Des chikhates se joignent au groupe et entonnent un lancinant « Ayli Ayli ». Je regarde avec consternation Bibi se tortiller sur sa chaise. Je me dis que ça doit être l’effet du vin local « La Gazelle de Moga d’Or ». Mais non, le voilà même s’agitant dans tous les sens avec une chikha tout cheveux dehors, à la panse gigantesque sanglée d’une m’demma en plaqué or.

Soudain, tout s’arrête. Bibi me regarde d’un air ahuri, en oscillant des hanches et agitant les mains comme à la suite d’un épouvantable malheur " Wili wili gnaoua !!! ". Les gnoua comme il dit rentrent à la queue leu leu. Au son d’un grand tambour et de grandes castagnettes, ils commencent une longue chorégraphie. Bibi se balance en cadence lentement puis de plus en plus fort. Je regarde autour de moi pour vérifier que je ne connais personne dans l’assemblée. Ouf ! Au moins, je n’aurais pas de témoins.

Le Chef des gnaoua, un grand noir en robe rouge, sort une espèce de banjo carré et commence à jouer. Il entame un chant où il s’agit d’un certain Jilali et là, horreur absolue, Bibi s’effondre. Il croise les bras derrières le dos et se mets à secouer la tête. Je crie « Bibi » en sa direction mais ma voix est noyée dans la cacophonie.

Me faisant violence, je crie « BRAHIM ! ON RENTRE! ».

Lundi matin, à la Villa Zévaco, Faiza Bennani me demande « Alors ce week-end en amoureux ? ». Je réponds « Bof ! Venise en été, tu sais ce que c’est…».

jeudi 8 juin 2006

Allez-y !

Parce que mon amie est à l'organisation et parce que c'est quand même très bien, allez y !




lundi 15 mai 2006

Marock

J’ai eu la mauvaise idée d’aller voir Marock au Mégarama un samedi soir. Mais malgré la foule de boutonneux surexcités, les petites minettes qui n’arrêtaient pas de se lever de siège en siège, les groupes mécontents de ne pas s’asseoir au même rang, le film en valait la peine.
D’abord, les gens sont beaux. Oui, ce n’est pas négligeable ça. Pour une fois que l’on nous montre des tronches qui ne nous font pas mal aux yeux. Pour une fois que le jeune premier ne dit pas : « Kanmout 3lik a Zoubida ! », ou bien « Rdi 3lia a lwalida ».
Dans la vraie vie, je ne connais personne qui parle comme ça, sauf Rachid Louali, évidemment.
Oui le film ne reflète pas la majorité des marocains. Non, le film ne fait pas dans le misérabilisme bien-pensant et c’est tant mieux.
Oui, dans mon Maroc à moi, à 17-18 ans la grande question est bien : « Baiser ou pas baiser ? »
J’ai aussi aimé les bonnes et les chauffeurs. La grosse nounou qui fait sortir les spaghettis du dos. Le pinçage des fesses de bonnes existe mais ce n’est pas une règle et ça, le film l’a montré aussi. Il y a aussi l’attachement qu’il peut y avoir entre les gens de maison et Maline Eddar.
J’ai aimé le jeu naturel des acteurs, les personnages crédibles. Petit bémol pour l’histoire d’amour au dénouement un peu (trop) simple et rapide. (Il a fallu tuer le mec pour trouver une issue).
Ceci dit, l’ambiance Candy bar, les premiers amours dans un cabanon au Dahomey, la petite nénette qui épouse le sauveur de la famille, l’extraordinaire prof de maths, les longs après-midi sur la terrasse entre copines, l'amitié, les préparations d’examens quand il fait chaud, le ramadan, ceux qui le font, ceux qui le font pas, je ne sais pas pour vous, mais moi, en tout cas, ça me parle.

vendredi 12 mai 2006

Eteindre la caméra

Comme la première taffe d’un pétard
Les rayons de soleil caressant mon lit
Le matin quand on se réveille tard
Dans un élan d’amour et de vie

Il est des rêves que l’on ne fait qu’éveillé
Et des dettes que l’on ne finit jamais de payer
Il y eu des jours où seule la douleur
Savait tracer les frontières de mon cœur

Ancien puzzle aux pièces manquantes
Abonnée aux complaintes déprimantes
J’ai perdu la phobie des rimes faciles
Le complexe des phrases rondes et agiles

Fatiguée de me voir en plongée,
Je veux remercier celui qui a éteint la caméra

mardi 2 mai 2006

Le weekend à Marrakech - Part Two

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jeudi 27 avril 2006

Le week-end à Marrakech - Part One

Un peu de fiction dans ce monde de brutes

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