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lundi 18 février 2008

Si peu de choses ont changé

Si peu de choses ont changé. Je marche le matin de la gare au bureau. Je traverse le quartier où je suis née. Comme au temps du lycée, je porte un cartable en bandoulière. Le laptop a remplacé les manuels. Pin’s et badges se sont barrés.

Le téléphone-qui-fait-tout a remplacé le walkman Sony rouge et les K7 réenregistrées 1000 fois. Quelques chansons font de la résistance.

Les fringues ont perdu leurs couleurs au profit de plus belles étiquettes. Il y a toujours un Tupperware dans le sac sauf que c’est la bonne qui le prépare maintenant. Le mec du kiosque à glace se rappelle toujours de moi et j’y fais toujours une pause avant d’embarquer, sauf que maintenant j’ai un compteur de calories greffé dans le cerveau.

La photo de mon mari et de mon fils a remplacé celle des copines.

Je suis une de celles que le train crache chaque matin dans ce Rabat fade et vieillot. De mini événements rythment mon trajet : La petite Duchesse a rouvert, la chatte de l’épicerie a mis bas. Les docteurs chômeurs du parlement ont remis ca.

Les fauteuils verts du wagon de première accueillent chaque matin la même faune aseptisée qui sent l’after-shave et le dernier parfum à la mode. Les voyageurs dorment sans baver.

Si peu de choses ont changé. Les putes à franges se tortillent toujours dans ma journée.

mardi 19 juin 2007

Smile like you mean it


Je découvre l’esquive, j’adopte le sourire de pure politesse, celui que je rapprochais à mon mari il y a longtemps.

Avant, quitte à me sentir bête, je m’arrêtais et disais bonjour à une vague connaissance de lycée, une nana dont je ne me souvient pas du nom maintenant je regarde à travers, parce que je n’ai pas le temps et parce que je n’ai pas envie de parler pendant 5 minutes à une personne en espérant qu’elle ne découvre pas que j’ai tout oublié d’elle sauf ce menton proéminent.
A présent, j’esquisse un sourire du genre je vous ai vu – reconnu mais j’ai pas le temps. J’ai découvert récemment d’autres pouvoirs du sourire pare-embarras, il me permet d’éviter de taper sur les gens ou de me jeter sur eux une lingette démaquillante à la main :

J’ai un ami qui sort avec une conne et je l’ai vue mardi. Une vraie conne avec pedigree et tout. Son gloss rose est tellement épais, qu’on si on cherchait dedans on trouverais sûrement des mouches captives comme dans de l’ambre.

Madame Conne a des avis sonores et tranchés sur tout. Mme Conne parle anglais tout le temps. Je la soupçonne d’avoir un projet d’immigration. Au début, mon ami, appelons le D, nous parlait d’elle comme en tant « fuck-friend-voisine-bonne affaire question logistique » puis par je ne sais quel miracle la voilà propulsée à notre table au Malango. Mme conne-fuck-friend dont je connais la technique orgasmique grâce à la langue bien pendue de son « ami » boit une tisane en jetant un regard désapprobateur à ma crêpe et parle, parle, parle… Alors, je coupe le son.

Je me perds dans l’épaisseur de son gloss, mon regard s’accroche à un poil de duvet puis coule vers le rebord de sa tasse Bodum. Une épaisse reproduction de ses lèvres y est restée.

Et je remets le son. Then, I smile, like I mean it.

jeudi 21 septembre 2006

La fin de l’été ou le début du Ramadan

Protège-cahiers et chebbakia auront eu raison de l’été. Bientôt, tu parleras de Hassan El Fed. Samedi prochain, point de plage. Il faudra passer la journée à passer la journée, en attendant le premier café du Ramadan. Quel établissement sera de bon ton cette saison, ta collègue de bureau mettra-elle autant de maquillage que l’année dernière, échapperas-tu à la gastro ?

Parmi une horde d’imbéciles sirotant leur Red Bull parce que Châabane et hypocrisie endémique, tu t’acharnes à profiter des derniers week-ends avant Armagedon. Tu auras plus d’embarras que de choix :

Une Bodéga surchauffée et bondée de jeunes et moins jeunes cherchant désespérément à capturer les derniers instants de l’été. De grandes perches toutes de noir vêtues forment un cercle en se dandinant sur de la techno improbable. Quelques branleurs agitent les mains en montrant le plafond genre "c'est-comme-si-j'avais-pris-des extas". La Bodéga sent un mélange d’huile de friture, de fumée de Fortuna et de « Very Irrésistible ».

Le club Miami accueille une soirée sponsorisée par un club de gym. Trois mille personnes. Du mauvais alcool gratuit. Des filles trop blondes. Des dames vieilles et coincées du cul respectables. Des estrades avec des démonstrations de fitness. Les monitrices ont des fesses que tu n’auras jamais. Mais tu leur pardonnes parce qu’elles habitent Oulfa.

Tu traîneras à l’Amstrong-Topkapi où les mêmes têtes viennent se renifler trois fois par semaines. Au Bar Latino, le DJ au bras cassé passe une compil house à des clients recalés ailleurs. Au petit Rocher, le « burn » ne réussit pas aux clients, ils contemplent leur paella-arnaque avec une lucidité inquiétante. Le serveur ne surfacturera pas. Au pulp, une dernière pole dance pour la route.

Tu courras un peu partout à la recherche du fun et la nuit …

Quand personne ne t’écoute et que personne ne voit
Tu fixes le plafond et entends ta voix intérieure
Que même une longue masturbation n’endort pas

lundi 21 août 2006

Back

Je reviens de longues « vacances » parisiennes, où mes journées se résumaient à slalomer seule entre les (autres) touristes sous un soleil de plomb puis sous la pluie.

Vendredi dernier, j’ai fêté mes trente ans au Balcon. Ce fameux cap des trentes ans s'est révélé décevant. Je n'ai pas senti de papillons dans mon ventre, je ne me suis pas ruée sur l'anti-rides. J'ai repris deux fois du gâteau. J’ai savouré les pièces de viandes comme d’autres savoureront les cuisses des belles de nuits avoisinantes. La sauce était onctueuse et riche, jusqu’à l’écœurement. Le temps qui passe est adouci par la présence de ceux qu’on aime, vraiment.
Fœtus géants au milieu de l’Utérus capitonné, nous nous serrons les uns contre les autres comme pour faire bloc contre la laideur du monde. Les moues des filles, les calculs des hommes, les moustaches de serveurs.
Et on essaye de danser comme au bon vieux temps. Quand on venait entre copains, défoncés pour une petite dose de craditude dans notre vie polie.
Après la gueule de bois, la vie reprend ses droits. Maroc Telecom, Lydec et Label Vie. Les repas à planifier et le lave-vaisselle à vider.
Quelques fois en zappant entre TV5 Monde, TV5 Europe et Arte, entre un Liban poussiéreux, un Irak fantôme et une Suisse vieillissante, j’entrevois le gouffre de la solitude. Je me lève alors et mange un yaourt.

mardi 7 mars 2006

It’s a jungle out there



Il y a des jours comme ça. Des jours jours où, dès qu'on ouvre l'oeil, tout semble teint d’une douce nostalgie pour un passé feutré qui sent la cannelle, les crêpes chaudes et le chocolat Van Houten.
Oui, quand je tape bonheur dans mon google cérébral c’est toujours des images couleur miel qui apparaissent. Sauf qu’au royaume des sens, rien n’est doré sauf les bijoux des femmes de la médina, les coupoles des Darih ou les cheveux des putes.
En sortant de l’ascenseur, je mets le pied sur le marbre poussiéreux de l’entrée puis sur le trottoir gris jonché de femmes aux guenilles savamment nouées. Les mendiantes de mon quartier ont des petits enfants pour animaux de compagnies. Elles les ont bien dressés ; il leur suffit de désigner du menton une victime et le petit pit-bull vient se pendre à votre genou en vous suppliant avec ses petites mimiques de petit morveux. Il ne vous lâchera pas parce qu’il sait que sa propriétaire le pincera jusqu’au sang s’il ne ramène rien.
En bas de chez moi, il y’a aussi Mohamed le cireur qui se relaye avec son père et son frère. Mohamed a une femme au bled. Elle a les yeux verts et deux enfants. Mohamed sourit toujours.
Au café d’en bas, il y’a tout le temps des travailleuses aux grandes bottes pointues et au teint plâtreux. Il y’a aussi des taxi vautours qui attendent un touriste con providentiel.
Devant chez moi, il y’a le Grand Hôtel, ses agents de sécurité en gris et ses grooms folkloriques. Le cortège de limousines bloque la circulation mais personne ne dit jamais rien.
Il m’arrive souvent en rentrant chez moi de me faire insulter, mais je me suis habituée.
Non, je ne vis pas dans une crêpe suzette.

lundi 21 mars 2005

Finding pépèreland

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mercredi 23 février 2005

La dernière frontière

J’ai vu cette semaine que Tel quel fait un dossier sur l’amour, pas le sexe, l’amour.
Ca tombe bien, l’amour est mon sujet de conversation préféré après la cuisine, bien sûr !
Chaque fois que je pense à l’amour, l’image mentale qui me vient est celle de ce clip avec la fille qui portait un petit cœur qui devenait de plus en plus grand, de plus en plus lourd à porter. (Plus aucun taxi ne voulait l’embarquer…).
Vision un peu masochiste de la romantique incomprise. Résurgence d’angoisses d’adolescente.

Dans ma tête, je trimballe un imaginaire peuplé de chevaux aux crinières roses fluorescentes, de scènes dignes de Marc Dorcel, de tablées familiales, d’éponges carrées, de poussettes, de rideaux soyeux…
Je sais que l’on peut aussi bien consommer de la chair et de la bonne compagnie sans pour autant mettre son rubis intérieur en jeu, et je sais aussi que « l’amour physique est sans issue ».

Ce matin, j’ai trouvé cet article sur le site du Nouvel Obs « Il y a deux manières de rabaisser l’amour, en putréfiant le désir. L’une, métaphysique, consiste à l’identifier au manque. L’autre, scientiste, à l’étayer sur le besoin. ».
J’ai l’impression que nous sommes passés maître dans l’art de putréfier l’amour à coup de « one night stand », de sonneries de caisses enregistreuses, de petits défis entre cousines/copines…
Et puis, il y a l’horloge biologique, l’usure de la vie urbaine, le crédit de la baraque. Quand j’ai demandé à mon ex avant son mariage s’il était amoureux, il a répondu « non, je suis fatigué, c’est pour ça que je me marie ». J’ai trouvé cela triste. Mais je le soupçonne de faire son fier. Genre moi, je suis un mec, un vrai, je ne tombe amoureux. Pourtant c’est beau un homme amoureux.
Mes amies ne veulent plus tomber amoureuses. Elles se barricadent derrière le matérialisme ambiant, la connerie des marocains, leur air de petits garçons perdus dans un super marché, bavant en boite de nuit ou ailleurs, incapable de faire un choix. Nous sommes pris au piège de la vacuité du corps, de la légèreté que nous affichons, du cynisme poli.
Il est clair que les sentiments indisposent.
Dans l'intimité des couples "légitimes" ou pas, je me dis que le porno n’a fait qu’empirer la situation. Après avoir fait ravage dans la tête des garçons, il s’attaque aussi (merci Derb Ghallef) à l’imaginaire des filles. Perdues entre des fantasmes plus ou moins dégradants et l'idéal de la belle au bois dormant, nous en venons à nous demander si nous pouvons (vraiment) être les deux à la fois.
« La puta en la cama, la dama en la sala », version marocaine me semble bien irréaliste.
Celà exige une certaine gymnastique mentale, un lâcher-prise auquel on semble se refuser. Presque toutes mes copines ont le syndrôme du "j'ai l'impression de me regarder quand je suis supposée être dans le feu de l'action".

Moi, je n’ai pas croisé l’amour depuis très longtemps. Je l’ai bien aperçu ces dernières années mais de très loin. J’ai quelques fois l’impression que c’est comme le Yéti, un mythe. Pourtant je refuse de réduire cet état de grâce où l’on est sublimé par le regard de l’autre à un simple emboîtement de deux failles narcissiques.

Comme je suis persuadée que le « bonheur s'aggripe trop mal aux gens seuls » comme le dit si bien Cali, j’espère.
Et j’en arrive quelques fois à me dire que l’essentiel est le voyage et que finalement, je ne suis pas si pressée d’y arriver.

jeudi 13 janvier 2005

Meurtres à la touche "delete"


"Le téléphone portable est un signe extérieur de détresse." Pascal Sevran

Le portable, chapelet des temps modernes. Illusion de communication.
Quand fatiguée des livres et de la musique, je veux entendre le doux bourdonnement du bavardage, je veux m’embarquer dans une discussion bateau, papoter, parler du froid qu’il fait, des plans de week-end que l’on va annuler de toutes les façons, essayer de me rappeler des blagues entendues il y a dix ans…

Je surfe sur le répertoire de mon téléphone, je décide d’y faire le ménage. Je tue symboliquement une douzaine de personnes. Les victimes ? il y a de tout … des mecs qui ont jeté à coup d’œil dans mon petit monde et puis décidé qu’ils n’avaient pas envie de trop se faire chier et surtout des mecs que je n’ai vu qu’une fois, vite démasqués, drivés par leur que-quête de la fille facile, celle qui habite leur imaginaire "XXLisé", celle qui ouvre la porte en déshabillé de dentelle, un verre de champagne à la main et un préservatif à la fraise entre les dents, il y avait aussi un vague cousin rencontré par hasard que je n’appellerai jamais, une fille rencontrée sur Internet qui ne sera jamais ma meilleure amie, ni mon amie tout court …
Massacre à la touche « delete ».

J’ai mon portable à la main. J’ai éliminé les éliminables. Je remonte de Z à A puis je descends de A à Z. J’appelle. Ceux que j’appelle sont ou bien avec leur copains/copines, avec leurs amis, malades.

Je me fait une raison. Je rouvre mon livre du moment « Ensemble c’est tout » d’Anna Gavalda.

Je m’y glisse comme sous une chaude et douce couverture. Je mets un disque de Dave Matthews Band. Pas de Margarita ce soir, une tisane. Je me recroqueville et me dis qu’après tout, c’est aussi ça la vie.

mardi 14 décembre 2004

Les déesses de papier glacé

Coated paper icons and a marshmallow heart

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dimanche 28 novembre 2004

Do you Wanadoo ?


Décryptage des petites annonces à la marocaine

Bon, j’en ai rencontré du monde sur internet. Ca reste encore pour moi le moyen le plus rapide de se faire des amis ( et plus si affinité). Au début, je faisais dans l’international, je me trouvait des Jules et les plans de vacances qui vont avec … (Clin d’œil à Andy, Juanca et les autres)…

Depuis quelques temps, vu que je n’ai plus la possibilité de partir en vadrouille quand je veux, je fais dans le local. Et j’admet, hélas, que mon expérience marocaine s’est révélée désastreuse.

Après ces quelques années de pratique, moi qui n’aime pourtant pas mettre les gens dans des boites, j’ai appris que l’on peut répertorier tout ce beau monde en deux grandes familles : Proumiane (Première qualité) et Douziame (deuxième qualité) – Il y a bien entendu, des troisièmes et quatrièmes qualités mais bon, en général, ceux-là, ils ne savent même pas écrire, c’est Moul Cyber qui leur écrit n’importe quoi juste pour que les gars ferment leur gueules..).

Commençons par les « Douziame », famille dont je n’ai pas pu approfondir l’étude, vu quelques problèmes de langue et de communication. Cependant, j’ai pu rassembler quelque notions :

1. Les « Douziame ».

Pas tout à fait con, et pas tout à fait intelligent. Marocain de base. Il cherche « le sérieux » et se dit « capable ». Voici un petit lexique de base pour les néophytes qui souhaiteraient, dans un élan masochiste, ou pour expier un quelconque péché, aborder les petites annonces de cette catégorie :

Capable : c’est le contraire de chômeur

Calme : Je ne suis pas un alcoloo déclaré et je n'ai pas d'ennuis avec la police.

Discret : marié, ou cherche femme mariée, pour forniquer en toute discrétion.

Quelqu'un de bien : Là, rien à voir avec la chanson de Enzo Enzo, "Bien" est simplement un synonyme de calme, voir plus haut.

Simple : (comme dans « homme simple et sérieux, cherche fille simple et de bonne famille »), veut dire « fauché », ou même pauvre. Genre je touche 3000 dhs et j’annonce la couleur.

Casanier : encore un synonyme de simple, donc de fauché… « T’auras même pas une sortie au café, je suis casanier. Avec moi, c’est direct, la maison ! »

Fille sérieuse : là, aucune confusion possible, sérieuse = vierge

Charmant : euphémisme pour dire moche

Et puis il y’a la catégorie que j’ai eu tout le loisir d’étudier :

2. Les « Proumiane » :

Les « Proumiane », vaste famille d’internautes très actifs, merci le bureau, merci l’ADSL, comporte plusieurs espèces :

2.1 Les « entre midi-et-deux » : ce sont en général des cadres sup plus ou moins jeunes, plus ou moins dynamiques, en mal de « cinq à sept ». Il mettent beaucoup de verve à écrire leurs messages, qu’ils veulent à leur image : Claaaaasse !!! Habitués aux présentations Power Point, ils font dans les phrase choc et chic. Ils mettent toujours « statut marital non spécifié », qui veut dire en language Wanadoo : « Je suis marié, t’auras pas mon numéro de tel, et toutes les rencontres entre nous aurions à l’horizontale… (ou à la verticale, si tu aimes la brouette thaïlandaise) » En général, ils affichent la couleur depuis le début, et invoquent la routine, le désamour pour rentrer dans votre vie et éventuellement dans votre lit …

2.2 Les «célibataires mais pas tout à fait» : C’est l’espèce la plus dangereuse, car elle cache bien son jeu. Prenons, l’exemple de mon ex, celui à l’esthéticienne, qui a mis une annonce sur Wanadoo aussi et qui cherchait, je cite, : « Très belle, Très charmante, Très intelligente & Très cultivée (and nothing less) ». Moralité : Faut jamais croire la pub … Il s’est remis avec son ex qui est peut être Très belle, Très charmante mais pour la culture et l’intelligence faudra repasser …même moche ou bête, chacun à sa chance sur Wanadoo…

2.3 Les indécis: Ce sont les plus nombreux … pas l’affaire du siècle mais en ces temps de disette, on va pas faire la fine bouche… Leur problème à eux, c’est qu’ils ont le syndrome du Super marché. Devant toute cette offre, ils ne savent plus où donner de la tête… Ils papillonnent l’hair ahuri d’un profil à l’autre… n’arrivent à approfondir aucun dossier et se retrouvent vite désemparés à court d’argument. Cependant, ils ne lâchent jamais une affaire, ils s’efforcent de garder une pseudo relation avec des messages chaque deux trois jours du genre « ca va ? », « alors ce week-end ? », «et qu'est ce que tu fais ce we? » … mais ils se gardent bien de proposer une quelconque rencontre … Ils sont sur Internet parce que c’est l’unique endroit où ils ont l’impression d’avoir le choix ! Verdict : A fuir comme la peste !!!

2.4 Les étrangers (N’sara) : Quelle superbe arnaque que cette espèce !!!

2.4.1 - 1 ère sous-espèce : Les N’sara « fraîchement débarqués » : Ceux là s’inscrivent dans un site de rencontre, alors qu’en fait, c’est d’un guide qu’ils ont besoin. Une fois qu’ils ont fait leur emplettes à Derb Ghallef, connu les quelques spot de Casa… une fois qu’ils réalisent que toutes les meufs ne portent pas de hijab et que même après 23h00, les bars et restos de la ville regorgent de petits culs bien bombés … Needless to say, ils ne vous rappellent plus !

2.4.2 - 2ème sous-espèce : Les N’sara « Là depuis toujours » : Ceux là ont complètement assimilés les codes machistes marocains. Ils accolent des adjectifs racoleurs à leur pseudo du genre « Prince français », «François de Bourgogne » … Ce sont des gars qui n’ont jamais respiré que la fumée des bus casablancais et qui utilisent leur statut de nsrani à tout va… en général se sont des losers fauchés et bien intégrés qui n’ont aucun intérêt !

Et puis il existe des combinaisons infinies : « N’sara fraîchement débarqués » - « Là depuis toujours » ou bien « Célibataires mais pas tout à fait » - « Indécis », etc.

Bon, je ne suis pas experte en taxinomie et en général, je n’aime pas enfermer les gens dans des définitions. Mais là, franchement, devant le foisonnement Wanadien, je n’ai pas pu m’en empêcher … Un grand « hello » à tout ceux qui se reconnaîtront dans ces profils ...

jeudi 25 novembre 2004

De l'impossibilité de se dénicher une clique

Les cliques, comme on les appelle au Maroc, entrent et sortent de ma vie, sifflent la sangria, vident le buffet, trois petits tours et puis s’en vont...

Je parviens à peine à conserver l’ébauche d’une vie sociale, le squelette d’un cercle de « connaissances ». Ce qui n’est pas pour déplaire à Fatéma, la bonne, qui déteste laver les verres et vider les cendriers le dimanche matin. Samedi , début de soirée, je repasse en revue le cercle de mes copines filles :

Oumy, a mal au ventre, Vanille, la chienne lui sert de bouillotte. Et puis, elle n’a pas très envie de respirer de la fumée de Fortuna… ok. Oumy ne sort pas… Inès, pas la peine de l’appeler, elle n’a aucune parole, c’est le genre à me laisser poireauter pendant une heure sans même décommander … elle m’expliquera plus tard, beaucoup plus tard, qu’elle a été obligée de rester au bureau, ou bien pire, qu’elle a dû aller à une soirée où on devait lui présentait un garçon « pas mal » qui au final s’est avéré être un petit chauve méchant, dont la seule qualité était de savoir imiter (à peu près) Abderraouf … ( Inès sii tu m’entends : « Bien fait pour ta gueule !! » )

Les plans ex’s ? même pas la peine d’y penser. C’est quand on a plus grand chose à se dire en privé qu’ils proposent de se faire une petite soirée peinarde à la maison … genre je vais ramener le vin, bla bla, bla … et tout ce qu’ils n’oublient pas c’est la boite de durex …

Reste les amis mecs, ceux-là ne pensent qu’à dragouiller, mais paradoxalement, ils affichent un sourire de bouledogue chaque fois qu’un gars s’intéresse un moi en soirée … n’importe quoi .. Je dois me résoudre à cette triste évidence :

Je n’ai jamais pu m’intégrer à aucun cercle. Il est loin maintenant le temps béni du lycée où ma popularité atteignait des sommets vertigineux. Je suis à présent une apatride de la fête, une handicapée de la clique.

mardi 23 novembre 2004

Les mutantes / Strange little girls, where are u going ?

Je me suis rendue compte que je me référait souvent aux mutants et surtout aux mutantes. Mon grand complexe devant l'éternel. J'emprunte ce post que j'avais envoyé à mon ami Gar Amud, juste pour expliquer...

Les mutantes ne mangent pas ou si peu. Les mutantes fument mais ne boivent pas. Leur habitat naturel s'étend du Mégarama au Candy bar, en passant par le Théorème Beach. Les mutantes ne travaillent pas, ou si peu. Les mutantes sont, comme dirait Tori Amos des "Girls who eat pizza and never gain weight". Les mutantes ne marchent pas, elles flottent. Elles trônent sur les sièges avant de 4x4 rutilants qui n'ont jamais vu de boue. Les mutantes ne rient pas, elle pouffent.

Les mutantes s'accouplent pourtant, avec des mutants, cela va de soi. Les mutants mâles ont beaucoup de mal à garder la "mutant attitude", malgré les Pulls collants et les chemises étroites à grand col du samedi soir. Le mutant boit et ca se voit. Le mutant fume le cigare en exhibant sa mutante du jour. Contrairement à la femelle, le mutant mâle ne danse pas, il mate. Les mutantes ont une sexualité aseptisée, le ticket de métro impeccable, la peau satinée, les fluides corporels parfumés...

Le drame est qu'on né mutant ou pas... Et puis comme dirait encore Tori Amos : " Pianos can't be guitars" ...

lundi 22 novembre 2004

Back from Week-end land

United Colors of Bande de Cons

Vendredi :
Dîner nippon avec un mec beaucoup trop jeune pour moi. Entre deux bouchées, il me fait un regard à la James Dean et me dit : "Ce soir, j'ai le monopole de la confiance en soi ... qu'est ce qui t'arrives ? "
Je bafouille que c'est le stress et que c’est dur de garder confiance avec tout ce qui se passe, et puis, en bonne arabe, je blâme l’axe américano-sioniste pour mon manque de bol sur le marché de la séduction.
Je rentre à la maison, seule, et digère mes sushi en regardant des films sur Pink tv. How low can u get ?
Samedi :
Je prends mon petit déjeuner chez moi seule devant la télé, entourée de journaux. C’est bon.
Déjeuner avec ma copine et sa chienne, entre filles quoi.

Samedi soir :
Mon ex (?) ne répondait plus au tel – erase and rewind. Je devais quand même récupérer mes affaires, deux cd, un DVD, du Tori Amos, je devais les reprendre. Donc, je passe chez lui, comme ça à l’improviste.
Je n’avais jamais regardé un escargot dans les yeux avant. Enfin, je ne sais pas s’ils ont le regard vide, triste ou mélancolique… leur petites antennes se cachent si vite, si doucement.
Et pourtant, j'étais sûr que mon ex avait ce regard là quand j’ai découvert le pot aux roses… je l’ai trouvé chez lui avec son ex … et oui, return of the ex, une esthéticienne plantureuse … elle l’appelait : « chériiii, viens voir qui te demande… chériiii. »… il avait touj ours juré qu’il ne se remettrait jamais avec elle, jamais, jamais, jamais. Qu’il voulait juste être seul, se retrouver…
C’était tellement pathétique que ça en était devenu comique, je la regardais et j'entendais: "Chériiii … rampe jusqu’à moi, ramène moi ton corps baveux de larve sans volonté … Chéri, je sais que tu ploies sous le poids de ta lâcheté mais fais un effort … chéri … viens t’exposer à un peu de dédain … chéri … ne sois pas triste tu pourras me croquer les fesses plus tard, hein tu aimes ça ? …"
Sur le coup, j’étais sidérée … c’est vrai, je l’avoue, plus tard, dans la voiture, j’ai chialé un bon coup … j’ai versé quelques larmes sur ma crédulité, survivante d’entre les survivantes…
Mais sur le coup, la larve m’a fait pitié … « self conscious paunch under narrow shoulders »…
La nana, une parfaite mutante … tout en noir, catwoman… dans l’ascenceur, alors que la larve descend avec moi pour me remettre un cd laissé dans sa voiture, je me regardait dans la glace, et souriait à mon reflet, une nana toute ronde habillée en United Colors of bande de cons. Une gay pride à elle toute seule. Et je me dit : non wonder …
Je rentre chez moi, annule mes plans de sortie. Je cuve mon désespoir.

Dimanche matin.
Je me lève avec une furieuse envie d’iode. Journée plage.
J’ai passé la journée à me prélasser sur le sable, à boire du thé orange cannelle en criant après Vanille, la chienne, qui faisait vaciller dangereusement notre savant amoncellement de revues, CD, bouteilles et biscuits.
Finalement, je ne me suiciderai pas tout de suite, du moins pas cette année …

Dimanche soir
Atterrissage en douceur from week-end land, ma mère passe la nuit avec moi. Je lui prépare un soufflé pour le diner, il ne tombe pas !!!
Isn't it a wonderful world ?!

vendredi 19 novembre 2004

Independence day

18 Novembre, un jour férié en ville


Oui, je vais devenir la reine de la glandouille. Alerte, les sens en éveil, le museau humide, je m’en vais avec des compagnons de misère squatter les cafés de Casa.
Ce matin, je suis partie avec mon ex recyclé en ami prendre le petit déjeuner à la villa Zévaco. Le petit déjeuner un jour férié. J’émerge d’une demi-gueule de bois. J’essaye de profiter des rares rayons de soleil, en écoutant le babil de l’ex, modèle d’un recyclage réussi. Entre le khlii revisité et le jus d’orange « frais », je m’appliquait à regarder et répertorier la faune environnante.

D’abord, il y a les nymphettes. La mine quelque peu défaite, telle la rose du petit prince, elles ne s’étaient pas assez pomponnées, elles avaient les pétales un peu fripées de celles qui ont trop dormi. Première sortie post-ramadan. Et puis, il y avait les brushinguées du dimanche matin et celles qui puent encore la cigarette de la veille avec leur jogging rose bonbon à boucles d’oreilles assorties, leurs baskets qui n’ont jamais vu de poussière, la deuxième catégorie quoi. « douziame » dial les mutantes, comme ont dirait à derb ghellef.

Devant nous un couple à poussette se regardait sans se voir. Le bébé braillait. La mère avait le ventre plat propre au mutantes qui viennent de se reproduire. Elle regardait son rejeton avec dédain. Il bavait. C’était pas prévu ça. Le mari avait cet air empâté de l’homme domestiqué. Un gros chat castré…

et puis les célibataires mâles qui affichaient cet air serein de lions bien repus. De la meuf, il y a en avait partout, pour tous les goûts… de toute évidence, les jeunes matous n’étaient pas d’humeur à mater ce matin.

J’ai dû me résoudre à rentrer à la maison donner quelque instructions à la femme de ménage pour ressortir encore une fois déjeuner avec des copines…

Là, sur une terrasse ensoleillée un bavardage de fassies encore plus saoulant. En deux heures, la nana a passé en revue toutes les fortunes de Fès et Meknès… et untel a épousé unetelle, qui se faisait passer pour la fille de X alors qu’en fait elle a fait pute dans une maison close suisse pendant 10 ans … qu’est ce que tu crois ?

A moi, qui expliquait que les mecs tombaient surtout amoureux de détails du genre une cuisse, une fesse, une clavicule, elle me réponds : « Mais tu rêves, les mecs maintenant, ça tombe amoureux d’une fiche de paie, d’une compte bien garni, d’un beau papa plein aux as… » et pendant qu’elle continuait son énumération de tout ce que je n’avais pas, je pensais « Ma pauvre vieille, tu ne vas jamais te reproduire… les mutantes ont gagné. Tu es une espèce en voie de disparition, tu n’as pas muté, la sélection naturelle fait son œuvre … » Safi.

A ce moment là je me désintéresse de la conversation que j’avais déjà du mal à suivre tant ça puait le déjà-entendu, le rabâché-réchauffé … je fixe une araignée funambule sur un des petits palmiers de la terrasse… je sens le soleil pénétrer chacun de mes pores je m’abandonne à la douce chaleur de la vie … des mots me parviennent « tous les mêmes », « rien que des obsédés », « que des salauds »… Je regarde mon araignée et je souris.