mardi 19 juin 2007
19/06/2007
14:52
Par Lady_M
Solitude urbaine
Smile like you mean it

Je découvre l’esquive, j’adopte le sourire de pure politesse, celui que je rapprochais à mon mari il y a longtemps.
Avant, quitte à me sentir bête, je m’arrêtais et disais bonjour à une vague connaissance de lycée, une nana dont je ne me souvient pas du nom maintenant je regarde à travers, parce que je n’ai pas le temps et parce que je n’ai pas envie de parler pendant 5 minutes à une personne en espérant qu’elle ne découvre pas que j’ai tout oublié d’elle sauf ce menton proéminent.
A présent, j’esquisse un sourire du genre je vous ai vu – reconnu mais j’ai pas le temps.
J’ai découvert récemment d’autres pouvoirs du sourire pare-embarras, il me permet d’éviter de taper sur les gens ou de me jeter sur eux une lingette démaquillante à la main :
J’ai un ami qui sort avec une conne et je l’ai vue mardi. Une vraie conne avec pedigree et tout. Son gloss rose est tellement épais, qu’on si on cherchait dedans on trouverais sûrement des mouches captives comme dans de l’ambre.
Madame Conne a des avis sonores et tranchés sur tout. Mme Conne parle anglais tout le temps. Je la soupçonne d’avoir un projet d’immigration. Au début, mon ami, appelons le D, nous parlait d’elle comme en tant « fuck-friend-voisine-bonne affaire question logistique » puis par je ne sais quel miracle la voilà propulsée à notre table au Malango. Mme conne-fuck-friend dont je connais la technique orgasmique grâce à la langue bien pendue de son « ami » boit une tisane en jetant un regard désapprobateur à ma crêpe et parle, parle, parle… Alors, je coupe le son.
Je me perds dans l’épaisseur de son gloss, mon regard s’accroche à un poil de duvet puis coule vers le rebord de sa tasse Bodum. Une épaisse reproduction de ses lèvres y est restée.
Et je remets le son. Then, I smile, like I mean it.
