Je reviens de longues « vacances » parisiennes, où mes journées se résumaient à slalomer seule entre les (autres) touristes sous un soleil de plomb puis sous la pluie.

Vendredi dernier, j’ai fêté mes trente ans au Balcon. Ce fameux cap des trentes ans s'est révélé décevant. Je n'ai pas senti de papillons dans mon ventre, je ne me suis pas ruée sur l'anti-rides. J'ai repris deux fois du gâteau. J’ai savouré les pièces de viandes comme d’autres savoureront les cuisses des belles de nuits avoisinantes. La sauce était onctueuse et riche, jusqu’à l’écœurement. Le temps qui passe est adouci par la présence de ceux qu’on aime, vraiment.
Fœtus géants au milieu de l’Utérus capitonné, nous nous serrons les uns contre les autres comme pour faire bloc contre la laideur du monde. Les moues des filles, les calculs des hommes, les moustaches de serveurs.
Et on essaye de danser comme au bon vieux temps. Quand on venait entre copains, défoncés pour une petite dose de craditude dans notre vie polie.
Après la gueule de bois, la vie reprend ses droits. Maroc Telecom, Lydec et Label Vie. Les repas à planifier et le lave-vaisselle à vider.
Quelques fois en zappant entre TV5 Monde, TV5 Europe et Arte, entre un Liban poussiéreux, un Irak fantôme et une Suisse vieillissante, j’entrevois le gouffre de la solitude. Je me lève alors et mange un yaourt.