Il y a des choses qui ne changent pas. Des choses qui vous embêtent mais qui vous rassurent à la fois. Comme les filles à la terrasse du Venezzia, les vieux serveurs du balcon ou la faune du Candy Bar.

Vous, néophyte de la nuit Casablancaise, vous avez envie de vivre l’extase du Bar à bonbons, et accessoirement lever une nana qui ne ressemble pas à votre bonne.

Dirigez-vous vers la cote, stationnez au parking du Megarama. Vous prendrez soin de payer votre ticket de parking à l’avance, d’ailleurs vous n’aurez pas le choix.
Surfez avec grâce entre les vendeurs de cigarettes. Quand vous atteignez la porte, souriez au videur qui invariablement vous demandera si vous avez une réservation. A ce moment là, sortez votre portefeuille et payez votre tribu de 150 dhs au Dieu de la nuit en le remerciant de vous ouvrir les portes du Bar à friandises.

C'est bon, respirez un bon coup. Vous êtes déjà à l’intérieur.
Faufilez-vous entre les flottes de serveurs que vous reconnaîtrez grâce à leur T-shirts orange fluo et accoudez-vous au bar. Souriez au barman, appelez-le par son petit nom, il adore ça.

Commandez un B52, penchez-vous au-dessus. Non, vous ne vous brûlerez pas les sourcils. Aspirez d’un coup et levez votre tête d’un air de conquérant. Regardez autour de vous : Vous a-t-on bien vu ?

A votre gauche, vos voisins de comptoir : un groupe de garçons avec les cheveux style David Guetta en veste « Energie » étriquée et énorme écharpe enroulée autour du cou à la Michal, in touch with their feminine side.

A votre droite des gros nounours qui on troqué leur t-shirts estivaux pour le gros col roulé serré qui moule leur ventre à la casimir. Les bisounours de la nuit ne se séparent jamais de leur accessoire favori : les beldiates aux cheveux gras avec leur brushing qui date du dimanche dernier et leurs bottes pointues de chez Armel.

Et puis si vous rencontrez quelqu’un, que ce soit un copain de lycée que vous n’avez pas vu depuis 10 ans ou un collègue de travail que vous venez de quitter la veille, vous devez embrasser, baver et crier et vous faire une accolade d’un minium de 10 minutes. C’est la règle de la nuit.

Vous glissez de votre tabouret là. Calez bien vos fesses, demandez à Issam de vous resservir un cocktail au chewing-gum, sa spécialité. Regardez droit devant, c’est là que ça se passe.

Juste là, sur le petit muret devant le bar. Si vous vous baissez un peu, vous pouvez même voir les culottes des filles. Comment ? Vous ne jouez plus à ça depuis le CP ? Dommage, vous ne savez pas ce que vous ratez !

Donc devant vous, les nénéttes qui se prennent pour Béyoncé, vous notez d’ailleurs avec un certain plaisir le grand retour de la minijupe à volant sur nos pistes de danse.

Si une grande bassine avec plein d’étincelles passe au-dessus de votre tête, ne vous inquiétez pas. Ce n’est pas une bombe !C’est le passage de la bouteille de champagne qui telle une comète annonce que quelqu’un vient juste de mettre 3500 balles dans l’escarcelle du Bar à Bonbon.

Soudain, plus de musique, un silence de quelques secondes qui vous semble interminable puis une voix se met à hurler dans les enceintes : Fuck you ! Fuck you ! Fuck you !

Non, non, personne n’a pris d’assaut la cabine du DJ pour dire à tous ces jeunes fêtards tout le bien qu’il en pense. D’ailleurs les hurlements hystériques des habitués vous feront comprendre que « Fuck you » n’est que le cri de ralliement des vrais Candybariens.

Alors vous ne dansez pas ? Comment ca vous n’aimez pas la musique ? ni les gens ?

Vous partez déjà ?

Vous me décevez !

Fuck you !