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lundi 28 novembre 2005

Un matin au Consulat



5 heures d’affilée dans une salle d’attente surchauffée au Consulat Britanqiue de Casablanca.
5 heures à attendre l’interview de 5 minutes avec une blonde anorexique.
Et comment avez-vous rencontré votre mari et comment s’appellent vos beaux-parents ?
Et combien de temps êtes-vous restée la dernière fois ?
Et combien gagnez-vous ?
Et pourquoi voulez-vous vivre au Maroc ?
Et qu’est ce qui pourrait vous retenir en Angleterre ?

5 heures à écouter la vie des gens.

L’ingénieur de l’ODEP qui paie 5000 dhs de crédit par mois et dont le frère et la sœur vivent au Canada.
La vieille mémé qui répond « Je suis venue pour le visa de ce pays… il s’appelle comment déjà le pays, c’est pas la France, ah ça je sais, mais il s’appelle comment …enfin, vous savez pourquoi je suis venue, c’est dans les papiers ! »
La nénétte qui, persuadée de savoir parler anglais, ne veut pas des services de la traductrice maison.
Les vieilles dames qui, invariablement, répondent quand on leur demande combien de temps elles veulent rester : « Ah ! Je ne peux pas vous dire. C’est entre les mains de Dieu… ».
La brune chevelue qui habite en France et qui n’arrête pas de marmonner qu’elle aurait dû le demander en France ce Visa.
L’étudiant louche qui parle de travailler, puis étudier, puis étudier puis travailler.
Les jeunes que l'ont fait rentrer dans un bureau et qui ressortent le visage décomposé.
Une autre mémé qui affirme à un agent qu’elle veut rendre visite à son fils hospitalisé puis, à autre agent, elle raconte qu’elle veut partir en Angleterre pour assister au mariage d’un copain à son fils, un pakistanais.
Cette femme qui veut se faire ausculter en Angleterre pour une tumeur de l’utérus.
Des gens aux histoires bizarres et incompréhensibles et puis, surtout, l'incomparable marocaine coincée du cul qui vous toise de derrière son guichet blindé.

5 heures à écouter des bribes de vies exposées comme des culottes sur un balcon.

jeudi 24 novembre 2005

La route de la muse



C’était il y’a bien longtemps. Au temps où le blogging marocain n’en était qu’à ses balbutiements, c’est à dire l’année dernière.

A Gar, qui à l’époque cherchait une muse dans quelque sombre recoin de Boujniba, j’avais répondu :

« Ta que-quête de muse m’amuse … les muses, créatures que j’imagine diaphanes sur une sorte de piédestal … une allégorie de femme …deviennent soudain des créatures de tripot …
Veux-tu retrouver le chemin de la femme ? Il faut te mettre à genoux, ou mieux, à quatre pattes.
En bon chien, va t’en renifler les sentiers fleurant bon l’iode et les crustacés qui t’amèneront jusqu’à l’origine du monde … Ah j’oubliais, le marocain ne s’oublie pas dans les labyrinthes buissonneux, le marocain n’aime pas le poisson … les marocaines l’ont bien assimilé à grand coup de Saforelle et d’hyper épilation … le buisson devenu rachitique ne fait plus peur et il ne ressemble plus à l’origine du monde … plus du tout …et puis des cours de spéléologie dans ces pseudo grottes sont dispensés tous les soirs après minuit, suffit d’avoir une zapette et une chambre insonorisée…
Et depuis le jour béni où le premier décodeur numérique a fait son entrée triomphale à Derb Ghallef, les esthéticiennes ont fait fortune et la langue des marocains est souvent ankylosée …
Alléluia … »

Bon voilà pour la route de la muse version mâle craignos. Sinon, pour les blogueurs respectables et/ou mariés, que reste-il comme source d’inspiration ?

mercredi 23 novembre 2005

A celui que j'aime


Prendre le large
Comme d’autres prendraient leur pied
Etre encore plus barge,
Plus folle,
Pour mieux t’aimer

Ouvrir mon cœur
Comme d’autres écartent leurs jambes
Agiter mon désir comme un leurre
Pour mieux t’attraper

J'aime te courir après
Montrer mes dents
Et te dire :
« Mon amour, c’est pour mieux te croquer »


Lady M Copyright © 2005

jeudi 17 novembre 2005

Parler pour ne rien dire


Photo Mr Caca.

Lecteur régulier te reproche de négliger ton blog. Tu décois tous ces gens qui réclament des histoires. Tu es une mauvaise conteuse, indigne de l’intitulé de ton blog…

Et puis des lecteurs cons te prennent pour la nana de cette histoire et on te fait chier et .

Tu n’es pas d’humeur à écrire, enfin rien de publiable sur un blog sans te faire répudier, licencier, incendier (au choix).

Chaque jour, tu te lèves, tu bouffes des spécial K, tu vas au bureau. Tu travailles tard chaque soir et trois soirs par semaine, tu as ton cours d’aquagym dans l’institut Baleines & co. Tu aimes t’ébattre gaiement au son d’un cd que la monitrice ne change jamais. Tu rentres chez toi pour manger plein de légumes et regarder des chaînes avec plein d’américains qui se ressemblent tous dedans.
Tu mets ta tête sous un coussin chaque fois que les agents du CSI dissèquent une jolie jeune fille.

Mais qui ça intéresse ?

Samedi, tu sors faire la tournée des bars et endroits branchés.
La bodéga était bondée. Un certain Nico Losada s’acharnait sur le parquet. Tu n’as pas voulu rester.
Au petit rocher, c’était soirée arnaque, 300 dirhams pour rentrer voir une « star » du nom de Youri, tu n’es pas rentrée.
Au Divinus, ambiance bar de quartier, pas de putes, que des bandes de «jeunes» qui se saoulent avant d’aller danser.
Tu as aimé l’anonymat si peu marocain de l’endroit, les bières fraîches. Partager simplement un moment avec l’homme que tu aimes.
Le Manhattan a récupéré des parts de marché parce que le Candy Bar est fermé mais les petits noirs qui chantaient étaient nuls. Tu te tires à la deuxième bière et tu continues à arpenter le mouchoir qu’est la « Côte ».
Tu atterris avec ton homme dans un état d’ébriété assez avancé à la Notte. Ambiance bon enfant, ringarde et décontractée. La Notte te rappelle des choses dont tu te ne rappelles pas. Un pédé lorgne sur ton mec, tu rigoles.

Casablanca n’est qu’un déjà vu géant.

Tu étais dehors mais dans ta bulle mobile, tu ne te rappelles pas d’un seul visage.
Tu n’as rien à raconter à part que tu as vomi en rentrant, mais ça n’intéresse personne et c’est tant mieux.