A tous ceux qui ont demandé après moi, je fais mon mea culpa.
Oui, je me suis ramollie du clavier, oui, l’amour rend bête et paresseux. Et puis quand je ne fais pas ma nuit complète, moi…
Néanmoins, dans mon morne quotidien de femme amoureuse (Aller-retour chez le bijoutier, fiancailles- qui se sont très bien passées malgré des bourdes d'un certain cousin -, reflexion profonde autour d'une fête de mariage alternative, etc.), j’ai quand même vécu un événement mémorable ce week-end : La première colère de Rob !

Nous étions à la Bodéga le vendredi dernier. Soirée fusion indou-bresilienne. Deux chevelus qui s’acharnent sur des petits tambours qui ne leur ont rien fait. C’est bien, tous ces boum boum très alternatifs mais j’ai bien envie d’un peu de musique brésilienne un peu kitsch, une petite samba, de la bossa nova…
Je me lève et je vais demander au chanteur s’il peut chanter « Mas que Nada de Jorge Benor », il me fait « Ah … che connais pas … mais demain chi tu veux che te le fais …» J’ai de sérieux doutes sur l’origine des deux comparses.

Je retourne à notre table. Nous avons à notre gauche la femme la moins classe de Casablanca. Elle rote bruyamment en buvant sa bière, sourit à tout le monde, bave un peu, tache son incroyable T-shirt rouge, son rouge à lèvre se barre en couilles… mais derrière nous, donc juste sous les yeux de fiancé, il y a avait … je vous le donne en mille… Jenifer Lopez !!! Bon, les fesses de Jenifer Lopez, son incroyable chute de rein ornée d’un magnifique string rouge. Rob me fait son petit air de cocker « Mais ma chérie, c’est devant moi, je ne pouvais pas ne pas regarder »…

A notre gauche, des cadrettes à lunettes et à coca light se lèvent pour laisser la place à deux couples. L'une des nanas, une beldia de chez beldia, contour des lèvres marron foncé et rouge à lèvre rose pale, gros bijoux en toc et top de dentelle noire. Elle boude comme dans un mariage. Rien ne lui plait sauf quand les serveurs se mettent à chanter des airs de chaâbi. Alors là, elle se dandine, feint les mouvements plein de grace des cheikhates avec un sourire qui se veux aguicheur. « Chassez le naturel » … « Il revient au galop » renchérit Oumy… Ah !!! ce qu’ont aime jouer aux chipies…

Je ne sais pas si c'est le rosé mais je crois reconnaître Selwa et Pedro El Negro, j’ai vu ses photos dans son blog, elle a des lunettes aussi, ca ne peut être qu’elle !!!
Je me lève. Me fraie un chemin jusqu’au bar et lui demande « Bonsoir, vous vous appelez Salwa ? », « Non, non !!! », je reviens avec dignité me rasseoir. Même pas mal !!!

Plus de groupe Brasileneo. On descend en bas prendre un dernier verre. C’est complètement bondé, on se case à coté de la cabine du DJ. On a pas où mettre nos verres, chupitos pour tout le monde.

Un grand gaillard à T-shirt moulant et ventre de bébé sympathise avec Oumy, j’en profite pour danser collé-collé avec chéri. Sauf que derrière moi, il y a un nain de jardin de jardin qui me fait des petits gestes discréto-obsécènes. Genre que je me lèche les lèvres et que je te montre ma langue. Beurk !!! J’ai bien envie de lui enfoncer mon solitaire dans l’œil, je le dis à Oumy. Rob remarque le manège mais le nain (c’est vraiment un nain !!!) s’enfuit entre les corps. Rob est furieux, je découvre le hooligan qui se cachait derrière mon lisse fiancé. Il s’en prend au monde entier, au gardien de voiture qui lui demande de payer 20 dirhams à l’avance au lieu des 15 habituels, du cireur qui lui dit « ah ! pour vous c’est 10 dirhams !!! ».Les marocains en prennent pour leur grade.

Mes compatriotes feraient enrager mère Térésa elle-même. Rob n’est plus content du tout, il veut rentrer. Je fais profil bas et nous partons tous les deux et laissons Oumy aux bons soins de bébé géant.