Finding pépèreland
Par Lady_M, lundi 21 mars 2005 à 10:19 :: Solitude urbaine :: #51 :: rss

Dimanche : 19.36
Je m’installe à mon ordinateur. Mes doigts sont un peu engourdis. Je viens de terminer la vaisselle. Je sirote une sangria aux fruits rouges.
Dimanche soir, il a fait gris, puis noir. Je m’en fout presque, j’ai du soleil dans mon verre.
Je suis allée au ciné avec Oumy hier soir. Nous avons vu « Finding Neverland », et nous avons pleuré, comme des madeleines. Au moment où le petit Peter a dit en parlant de sa mère morte qu’il croyait qu’elle serait toujours là, la phrase résonne en moi et me renvoie à ma propre conviction que mon père serait toujours là, et qu’un papa ça ne meurt pas, jusqu’au jour où je me suis retrouvée à pousser un brancard à travers de longs couloirs, puis un grand jardin, vers une morgue improbable.
Fin du film au Mégarama, nous n’avons pas de kleenex, nous reniflons sans arrêt et puis je m’aperçois qu’un silence de mort règne dans la salle. Les hommes baissent la tête, les femmes ont les yeux rouges. Bravo ! nous avons vibré, nous avons pleuré, et maintenant, je me retrouve avec l’écho de cette tristesse pendant le reste du week-end.
Nous ne pouvions pas rentrer directement chez nous après tant d’activité lacrymale. Pas la force de nous aventurer dans la jungle mutantisée de la nuit. Compromis, la terrasse du Venezzia Ice. Se gaver de glace et regardant l’horizon infini (la grande blonde de la pub Zara). Les yeux encore rouges, hébétées, nous mangions notre coupe en silence. Un nouvel ami nous rejoint, longue discussion sur la vie, le Maroc, les restaurants, les livres, le porno… je rentre tard.
Fatiguée, vidée, le vague remord quant à la glace ingurgitée achève de me foutre un blues paralysant. Je me repasse la bande de ma vie en cherchant les moments où les choses auraient pu être différentes, façon effet papillon. Je dé-romps avec des garçons, je mets des « oui » à la place des grands « non » de ma vie, je me regarde autre.
Je me demande quel creux je peux bien avoir à l’intérieur pour qu’une simple réplique résonne en moi aussi longtemps, aussi fort.
Il est donc 19.55, il fait chaud. Le dimanche soir dans toute sa splendeur. Ma sangria me rappelle mon père et les étés de mon enfance. Il disait toujours qu’il faut toujours changer les fruits de la sangria avant de la boire… j’ai jeté tous les fruits et les ai remplacé par des fraises fraîches au goût de printemps.

Commentaires
1. Le lundi 21 mars 2005 à 13:04, par GarAmud :: site
2. Le lundi 21 mars 2005 à 22:08, par Selwa :: site
3. Le lundi 21 mars 2005 à 23:09, par rayhane najib :: site
4. Le lundi 21 mars 2005 à 23:39, par teorydesmask
5. Le mardi 22 mars 2005 à 04:55, par Adilski
6. Le jeudi 24 mars 2005 à 12:00, par Lady M
7. Le jeudi 24 mars 2005 à 15:53, par Aston
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