Oumy me rend visite à Rabat. Elle voulait se faire couper les cheveux chez mon coiffeur. Elle cherche « son » coiffeur comme les chevaliers de la table ronde cherchaient le Saint Graal. Elle "SAIT" qu’un jour le coiffeur-coloriste de ses rêves viendra… Faisant d’une pierre deux coup, nous décidons de passer le vendredi soir à Rabat et de revenir à Casa le lendemain après le coiffeur.
Je vais avec maman chercher ma Casaouie à Gare puis direction le Goeth institute pour manger un morceau. Plein à craquer. Pas une place au bar. Ma maman me fait le regard de celle qui va se fâcher. J’anticipe, j’embarque toute le monde au Purple.
Là, l’ambiance est autrement plus détendue. Pas de karaoké ce soir mais qu’à cela ne tienne, je suis une pro. Je pousse quand même la chansonnette pour ma mamita.
L’endroit est parsemé de connaissances incertaines, de vague collègues de travail…c’est ca Rabat, tout petit petit.
Maman regarde mon kir d’un œil réprobateur. Cinq minutes plus tard la voici qui parle de l’inconscience des gens qui conduisent avec des verres dans le nez.
Un conseil : ne sortez pas avec votre mère, ou bien très rarement.
Nous déposons ma mère à la maison vers 00.00 et nous dirigeons vers la plage de salé pour l’ouverture d’une boite de nuit « Le Coliseum ».
C’est grand, kitsch, aéré mais ça devrait plutôt s’appeler le Panthéon, l’endroit est mort-né. Il ne verra jamais le jour. Un gars nous explique qu’on lui a retiré le permis d’alcool 3 jours avant l’ouverture. Les gars seront au chômage à partir de lundi…
On ne sait pas quoi dire…on dit qu’on est désolée, que c’était joli, au revoir, merci.
Je vais visiter le Skiso, l’ancien 16e, que je n’avais pas connu d’ailleurs.
Ca sent encore la peinture fraîche, on nous accueille gentiment. La gérante insiste pour nous offrir un verre. Elle fait une grande soirée jeudi soir pour le lancement. On s’installe au bar. Une espèce de morse s’échoue à coté. Il me fait un signe qui se veut discret. Je lui tourne le dos. La gérante revient. Elle nous présente Réda le gérant de l’amnésia… ça discute un peu flyer sur Internet, des videurs qui ont du mal à distinguer les gens…etc.
On se dirige vers l’Amnésia que je n’avais pas vue depuis son relooking.


Le royaume du formica orange.
L’amnésia de mon adolescence a été revisitée par les Queers. Mon frère m'avait prévenue:
Mais à l’entrée, on ne nous connais pas (plus). Il parâit que Réda ou Lamâllem n'a pas appelé pour dire qu'on venait. Au bar, j’apprends à ma grande surprise qu’une Red bull ça compte comme de l’alcool. Le barman insiste : oui, Red bull c’est alcoolisé !!!
Je suis tellement sidérée que je prends une vodka citron. Ca c’est alcoolisé.
On visite, c’est plutôt vide. On se pose au bar encore une fois.
La musique est loin d’être bonne. Trance de base, latino périmé, tribal d'il y a 3 ans... Le Dj me dit bonjour, je lui demande si cette session s’arrête bientôt ?
Il me répond « Très bien je vais te passer ça dans dix minutes !!! »
Il ne m’écoutait pas quand j’avais 17 ans ... décidemment, encore un truc qui ne changera jamais…


Regardez-moi la tête du DJ de ma jeunesse ! Dommage qu'ils ne l'aient pas relooké avec les meubles...

2.00 Encore personne sur la piste. Un heureux groupe de gay, dont un(e) blond(e) filiforme, douziame dial le blond des Queers. Oumy improvise une sorte de chorégraphie avec le blond(e) qu’on a baptisé Radia.
RADIA (Photo non contractuelle)
On s'installe à l'entrée un moment. Surcharge de codes de branchitude. Orange et blanc. Le skaï colle aux fesses.
Passablement éméchée, Oumy fixe une espèce d’installation avec des ballons multicolores qui dansent dans les airs là, elle prend une voix de speakerine : « Bonsoir, bienvenu au Kéno, tirage du 12 mars 2005 : numéro 21, numéro 45, numéro 14 … ». Je suis morte de rire.
Un couple de mutants danse. Habits assortis. Chemisette blanche, nombril à l'air et pantalon noir pour le gars, chemise noire, pantalon blanc et cuissardes noires pour la fille. Et que je te fais un déhanchement à la Jlo et que je te fais une feinte à la Ricky Martin…ah …Oumy s’éclate avec Radia.
Les videurs se promènent… je repars m’asseoir devant le Kéno…Notre blond(e) embrasse tendrement un de ses copains en nous faisant des clins d’oeils.
Je me rappelle Woody Allen qui disait « le bisexuel a deux fois plus de chances le samedi soir ». Oumy me regarde en faisant une moue du genre « c’est pas juste !!! ». eh oui ! c’est pas juste !

PS: les photos de l'Amnésia viennent du site people.ma. Nous avons pris quelques photos édifiantes vendredi mais nous cherchons tjs un moyen pour les faire sortir de ce satané téléphone.