Envie de glace. Oumy, Vanille et moi. Au cause de son altesse la chienne, nous n’avons droit qu’aux tabourets à l’entrée. Je cale mes fesses dangereusement sur mon siège de fortune. Vanille s’assoit majestueusement sur son tabouret. Elle sait que je lui refilerai de la glace à la pipette. Elle reluque ma paille et se pourlèche les babines.
Oumy est en colère contre le manque de ponctualité des marocains et plus exactement celui de ses copines, dont je ne suis pas une grande fan par ailleurs.
Mon café glacé est un délice. Nous regardons une espèce de diapo sur écran plat. Le petit film met en scène des framboises, du copeaux de chocolat, du crumble doré, des gousses de vanille longilignes. Une chorégraphie aérienne. Nous salivons toutes les trois.
L’ex au beau chien fait son entrée, sans le chien cette fois-ci. Il a, à son bras, une jolie poupée au teint de porcelaine. Elle porte un long manteau à col de fourrure. Elle ressemble à ces dames en carrosses sur les boites de Quality Street. Il ne lui manquait plus que le manchon en vison. Elle doit avoir moins de vingt ans. Il me la présente tout fier, comme un petit garçon montrerait une nouvelle bicyclette. Je souris, je ne retient pas le nom de la fille et je me dis "Sait-elle au moins qu'il fabrique des godemichés dans sa cave ?"