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lundi 31 janvier 2005

Le doigt dans la ceinture.

Balcon, réserve ... suivez le doigt!

Vendredi. Balcon : Goldfinger et moi rentrons au Balcon comme dans un utérus géant. Je le suis de près. Il est mon ancre pour la soirée, je flotte derrière lui, un doigt entre sa ceinture et son pantalon. Un homme se penche vers moi, sourit à 3 centimètres de mon visage. Je me cramponne encore, mon doigt me fait mal. Je m’échoue quelque part entre une blonde et un quinquagénaire anglais à la chemise collante. Je suis mon bras jusqu’à mon doigt, parce que je sais que Goldfinger est au bout. Je distingue des visages familiers, un wanadien, un ex-collègue, des Amstronguiens…

Une grand rousse désarticulée se penche vers moi, exactement comme le squelette du train fantôme de mon enfance. Elle demande du feu à un gars derrière moi. Elle lui parle fort par-dessus mon épaule. Je me rappelle que j'étais montée dans le train fantôme avec mon père. Je me souviens aussi qu’au troisième "monstre", j’avais décrété que j’avais sommeil. J’avais fermé les yeux pendant tout le « voyage ». Je ne crois pas avoir changé depuis. Je ferme les yeux et les poings sauf pour mon index droit qui est complétement ankylosé.
Nous avons une overdose de rouge. Nous sortons de l’utérus et nous dirrigeons vers la réserve.

Réserve sous X :

Il fait un froid de canard même à l'intérieur. Le serveur nous ramène notre bouteille d’Absolut en nous la présentant comme s’il s’agissait d’un Saint-Emilion 1985. Goldfinger sourit et me masse le doigt. Il me tend ma demi-portion dans une main et me verse un grand verre d’eau, je l’appelle docteur. Une heure plus tard je termine ma dose. On danse, portés par la musique, légers, au-dessus des mutantes qui ont gardé leur trench Burberry, pièce maîtresse de leur garde-robe, de celles qui se balancent en matant.
"I can feel your heart beat" scande Bob Sinclar. C'est vrai, je ne sens plus que mon propre coeur. Je danse des heures durant, aucune fatigue. Juste une énergie sans cesse renouvellée. Le lapin Duracell : C'est moi. J'ai la gorge sèche malgré les litres d'eau. Je m'assieds, je sens le courage de dire à Goldfinger tout le bien que je pense de lui, je me relaxe, et laisse le rythme pénétrer chaque pore de ma peau. Nous rentrons à la maison, toujours en flottant, je mets la musique à fond, merci les voisins sympa. Ce n’est qu’au matin, alors que le soleil se lève que j’entame une longue et douloureuse descente.

mardi 25 janvier 2005

Duckie, le canard qui ne se noie pas

Dickie Vs Duckie


J’ai une amie, - ahhh...Je vous vois venir... je vous jure que ce n’est pas moi... C'est une amie.
Reprenons, donc j’ai une amie qui avait un petit compagnon à piles nommé Joey. Le petit compagnon, qui à mon avis a du beaucoup servir est tombé en panne. Pas complément étanche, il s’est grippé après une douche mouvementée.
Mon amie en question décida qu’il fallait absolument ranimer l’objet de son affection. Elle lui otât son habit de latex et l'emmena à la médina chez Abdeslam, réparateur de mixers et grille-pain en tous genres, en lui expliquant que c’était un outil de massage pour le dos.


Moulay Abdeslam décrète que le moteur était foutu mais qu’il allait essayer quelque chose. Une semaine après, mon amie part chercher son jouet. En lui tendant l’objet Abdeslam, pas peu fier, lui explique qu’il y a greffé le moteur d’un moulin à poivre et lui dit : « Daba lmasseur, il marche sur secteur, walakine l’motor dialou wella n’hila » !

Verdict : I-nu-ti-li-sable ! sauf, peut-être, dans un cadre SM très spécial!

Elle nous a toutes invitée à l’enterrement de Joey, le vibro, qui a donc rendu l’âme à la sortie de la clinique Abdeslam après de longues années de bons et loyaux services.

Et depuis, elle s'est alloué les services d'un petit canard remuant, au look pas très viril mais au moins lui, il a pas peur de l'eau!

Voici mon amie et son joujou. Vous voulez son numéro pour une petite danse des canards ??



Just joking guys !

dimanche 23 janvier 2005

C'est la fête !

Fleurs et Bouchers

Ma mère me réveille plus gentiment que d’habitude. Elle porte une gandoura. Ya pas ! C’est bien l’aid. Ma tante, docteur chômeur, est partie se faire tabasser de bonne heure. Il fait beau.
Je pars rendre visite à mon paternel. Je m’acharne sur un arbuste qui a trop grandi. Je débroussaille un peu...C’est incroyable comme les mauvaises herbes poussent vite sur les tombes. Je m’assieds sur la tombe voisine. J’ai les fesses gelées.

Je passe au marché aux fleurs. J’achète un bouquet "d'oiseaux du paradis" pour ma mère.

Avenue John Kennedy, sur le chemin de la maison. Une cigogne vole très bas, elle frôle presque la voiture. Les rues sont vides, hormis quelques automobilistes en djellaba blanche ou quelques bouchers aux habits maculés de sang qui courent de maison en maison de grands couteaux à la main.

C'est la fête.

Même Rabat la morose a l’air plus jolie aujourd’hui.

Il y a partout une odeur de laine et de chair brûlées ; des têtes de moutons crament dans chaque terrain vague.

J’appelle le frangin qui est à l’université dans un pays un peu plus froid. Il est en train de se faire chier à la bibliothèque. Il m’écrit : « ma carte de séjour contre une « douara » ».

Ca tombe mal, y a pas de mouton chez nous, et je me vois mal en train de lui envoyer des tripes par DHL !

Je rentre enfin à la maison, ma mère est toute contente de recevoir des fleurs : c’est la fête !

mercredi 19 janvier 2005

Buildings and bridges

Locust thoughts

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mardi 18 janvier 2005

Je ne demande pas le programme

Il est 21.49 et je suis encore au bureau. J’ai fini mes urgences. Maintenant aucune raison objective de rester. Je peux reprendre mon travail demain. Je glandouille un peu sur internet. Je réorganise des trucs que je devrais jeter. Je n’arrive pas me résoudre à partir. Me suis-je mis à aimer le bureau ?! Je réfléchis. Je réalise que j’ai peur du froid qu’il fait dehors. J’ai dix mètres à faire pour atteindre la voiture et j’ai peur du froid. Chochotte va !

Allez courage ! ce soir, je dors chez ma maman et une bonne soupe hivernale m'y attend. Je trouverai la maison silencieuse. Une seule lumière allumée, « parce que je vais venir ». Je mettrai le micro-onde en marche, j’allumerai la télé. J’enlèverai mes bottes. Je me changerai, me démaquillerai et me mettrai avec ma soupe, ma tranche de rôti et mon bout de pain complet devant la télé. Il n’y aura rien à voir. Je mangerai un yaourt sans sucre avec du Canderel parce_que_j’ai_mangé_trop_de friandises_aujourd’hui. Je me mettrai au lit avec mon livre. J’aurai la main et le nez tout froids. Je laisserai tomber le livre sur le sol. Je n’arriverai pas à dormir. Je resterai les yeux ouverts longtemps. Je vérifierai l’heure de temps en temps et je me dirai que demain, j’aurai une tête de zombie, que j’aurai du prendre une verveine… je finirai par m’endormir comme je n'aime pas m'endormir.

Je sais pourquoi je ne me presse pas de rentrer : Je connais déjà le programme et il ne m’intéresse pas trop.

Would you couchsurf this dude ?

I wouldn't !!!

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jeudi 13 janvier 2005

Maybe

Maybe it’s Bridget Jones

Or that guy who never phones

Maybe it’s Spongebob

Or the little snail he owns


Maybe it’s the monster in my fridge

Or the iceberg in my bed

Maybe it’s this river without a bridge

Or just the vacuum that makes me sad

Meurtres à la touche "delete"


"Le téléphone portable est un signe extérieur de détresse." Pascal Sevran

Le portable, chapelet des temps modernes. Illusion de communication.
Quand fatiguée des livres et de la musique, je veux entendre le doux bourdonnement du bavardage, je veux m’embarquer dans une discussion bateau, papoter, parler du froid qu’il fait, des plans de week-end que l’on va annuler de toutes les façons, essayer de me rappeler des blagues entendues il y a dix ans…

Je surfe sur le répertoire de mon téléphone, je décide d’y faire le ménage. Je tue symboliquement une douzaine de personnes. Les victimes ? il y a de tout … des mecs qui ont jeté à coup d’œil dans mon petit monde et puis décidé qu’ils n’avaient pas envie de trop se faire chier et surtout des mecs que je n’ai vu qu’une fois, vite démasqués, drivés par leur que-quête de la fille facile, celle qui habite leur imaginaire "XXLisé", celle qui ouvre la porte en déshabillé de dentelle, un verre de champagne à la main et un préservatif à la fraise entre les dents, il y avait aussi un vague cousin rencontré par hasard que je n’appellerai jamais, une fille rencontrée sur Internet qui ne sera jamais ma meilleure amie, ni mon amie tout court …
Massacre à la touche « delete ».

J’ai mon portable à la main. J’ai éliminé les éliminables. Je remonte de Z à A puis je descends de A à Z. J’appelle. Ceux que j’appelle sont ou bien avec leur copains/copines, avec leurs amis, malades.

Je me fait une raison. Je rouvre mon livre du moment « Ensemble c’est tout » d’Anna Gavalda.

Je m’y glisse comme sous une chaude et douce couverture. Je mets un disque de Dave Matthews Band. Pas de Margarita ce soir, une tisane. Je me recroqueville et me dis qu’après tout, c’est aussi ça la vie.

mercredi 5 janvier 2005

Qui vit dans un Ananas sous la mer ?

Bob l’éponge carré!

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