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lundi 27 décembre 2004

Tsunami

Dimanche matin, petit déjeuner devant la télé, je ne regarde que les dessins animés le dimanche. Je zappe sur Euronews pour regarder l’heure et là, je reste pétrifiée.

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jeudi 23 décembre 2004

Mes non-résolutions

Les bonnes résolutions sont des chèques tirés sur une banque où l'on n'a pas de compte courant - Oscar Wilde

Comme mon ami Kamal ou Lemrina , je vais prendre quelques résolutions, ou plutôt des « non résolutions » pour 2005. Ce qu’il a de pratique avec les non résolutions, c’est qu’il n’y a aucun effort à faire, il s’agit juste de ne rien changer !

1.Persister à appeler les gens qui ne m’appellent pas

2.Continuer les Ferrero Rocher, ça fait tellement de bien

3.Perpétuer avec mes amis du fan club le culte de Tori Amos, Déesse parmi les Déesses, même si ça me donne ce regard vide de la groupie complètement gaga, et que presque personne ne la connait au Maroc (elle sort un album le 22 février, que de bonheur en perspective !!!)

4.Ne pas perdre foi en ma quête du Saint Graal masculin, l’homme de ma vie, même si tout indique qu’il faudrait laisser tomber

5.Ne pas désespérer ; je trouverais encore, comme en ce jour mémorable de 2002, un pantalon taille 46 chez Mango

6.Continuer à aller rendre visite à mon père au cimetière en jeans, même si ça me cause des ennuis à chaque fois. L’autre jour un copain fossoyeur a failli planter une bêche dans la tête d’un connard pour prendre ma défense. Le con hurlait que le cimetière c’était comme la mosquée et qu’il fallait porter le hijab pour rentrer !!!

7.Ne pas arrêter la Margarita ; et ne plus faire l’impasse sur le givrage du verre au sel !!!

mardi 21 décembre 2004

Little Rock

-ou le Petit Rocher, pour les Casablancais-

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Le fond de l'air est gai

Another week-end story
Vendredi :Scénario bien rodé du vendredi soir. Dalil se ramène avec une nouvelle tête du club des handicapés du cortex, une espèce de nain de jardin chauve. Il ne touche pas à ma Pina Colada, cela suffit à le rendre antipathique à mes yeux.

22.00 Joya pour le dîner : Seule avec trois mecs que j’apprécie très moyennement. Je paye cher mon absence de clique. Je dîne. Mon ex débarque avec des filles. Je dis bonjour, je souris, un peu trop et je me dis que j’ai l’air bête. Je sens son parfum qui me fait toujours le même effet. Je me rassois sagement et continue une discussion sans intérêt avec le nain de jardin en poussant des « oh ! »" » et des « ah ! » grotesques … Il me raconte une espèce de légende celte sur ce que veulent les femmes, discussion bateau par excellence… Dalil et l’autre taré disparaissent et me laissent le nain de jardin sur les bras. Je l’embarque dans ma tournée. L’Amstrong est bondé, ça drague un max. Collision avec un pachyderme sympathique, échange de numéro. Je me sauve au Manhattan, où au moins, je peux respirer. Le nain de jardin me tiens par la taille, c’est ridicule. Il m’ôte toute envie de danser. Je décide d’abréger mes souffrances et de rentrer chez moi.

Samedi : Douce matinée entre moi et moi. Je m’attable à une terrasse et lis « La mort de Don Juan » de Poivre d'Arvor. Et là, à Segafredo, une phrase du livre me laisse sans voix :« Au fond, ce que j’aimais dans l’acte d’amour et ce que j’aime depuis, c’est cela : embrasser une femme, la tenir dans mes bras, lui signifier ma protection en échange de sa tendresse. Le reste n’a que peu d’importance, un peu de frénésie au bout d’un membre quelques mots crus pour se croire libéré, deux ou trois roueries de technicien pour provoquer la jouissance de l’autre ». Jamais je n’avais entendu alors ce genre de propos de la bouche d’un homme. Cela me plonge dans une interminable réflexion sur les hommes, sont-ils des femmes comme les autres ? sont-ils de Mars ? y en a t-il sur Venus ? Oumy me rejoint, nous allons chercher Vanille de chez le Veto-toiletteur. Nous la retrouvons toute fraîche, encore plus jolie que d’habitude. Oumy étant particulièrement timide, j’explique au veto que Vanille a une libido très développée ces temps-ci et une attirance irrépressible envers tout ce qui ressemble de près ou de loin à une jambe. Le verdict tombe : Il faut l’accoupler. S’en suit une longue discussion sur le caniche idéal… Oumy, en toute belle-mère qui se respecte s’enquiert des pedigrees des prétendants et demande même « zouj zouj men lhaja », deux paquets de 5 kg de croquettes, deux laisses, etc. etc. Le mariage de Vanille, tout un programme !

Après-midi : café avec le Pachyderme de l’Amstrong et son cousin. 17.30 Villa Zevaco, je rencontre mon ex encore « par hasard » … Je doute que le hasard existe à Casa. Nous sommes tous guidés par nos envies secrètes de rencontrer untel ou unetelle quelque part, innommable désir de se faire un peu mal. Début de soirée, le pachyderme s’avère collant, trop collant pour être honnête. J’annule ma soirée avec lui et je sors seule, comme une grande. Je rejoins de vagues amis, ainsi qu’un vague prétendant au Petit Rocher.

22.30 Petit Rocher : Je sors sur la terrasse. Je me poste une bière à la main et regarde l’édifice phallique de la mosquée Hassan II. A coté de moi, accoudé à la balustrade, un couple s’embrasse tendrement. Quintessence de la nuit casablancaise. Je retrouve le gris, avec une pute qui était avec un nain handicapé la semaine dernière à la Bodéga. Il fuit mon regard. Un monsieur propre me demande si je suis seule, je souris sans répondre. Mes amis arrivent, conversation vague avec mon vague prétendant. J’essaye d’expliquer mon concept de mutants, je m’enlise dans un concept de dominants-dominés, je laisse tomber et je mate. Il est vrai que l’endroit regorge de mutants qui trinquent, mangent, et dansent en levant les doigts vers le ciel, comme pour nous montrer leur planète d’origine… Ils veulent continuer la soirée ailleurs. Je décide de rentrer avant que le spleen de 3 heures du mat m’attrape. 01.30 : je glisse dans mon lit, je retrouve mon livre du matin. Je regarde l’oreiller vide à ma gauche, je le met sur le mien et je me met bien au milieu de mon lit à deux place. Je suis bien.

Dimanche : Journée en solo. Je regarde les dessins animés pendant toute la matinée. Je me fais un déjeuner succulent, rien que pour moi. Je met la chaîne à fond et m’active dans ma cuisine. Je bouche mes oreilles avec du Tori Amos et je me laisse aller flotter dans des mélodies que je connais par cœur… J’anticipe même ses respirations… Je lévite dans mon cocon musical "Soit heureux un instant, cet instant c’est ta vie"… Je hurle « boys on my left side, boys on my right side, boys in the middle and you're not here » Entre la salade et l’entrecôte, je me demande : Que faire des rêves de robes à traîne que personne ne porte jamais ? Que faire de ces chevaux qui peuplent mes songes, alors que ma dernière relation avec les équidés remonte à mes 5 ans, une sombre histoire avec un Poney nommé Kouki … ? Que faire de ces rêves d’hommes qui tiennent les portes et font mousser le champagne, alors que les hommes que je rencontre me bousculent à l’entrée de pubs qui n’ont rien de glamour. Le féminisme c’est ne pas compter sur le Prince charmant , disait Jules Renard. Je ne compte plus sur le Prince Charmant, mais je trouve ça plutôt triste.

mardi 14 décembre 2004

Peut-il y avoir un blues sans Ferrero Rocher ?

L'extrait d'enfance.

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Les déesses de papier glacé

Coated paper icons and a marshmallow heart

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mardi 7 décembre 2004

La tournée des grand dupes

Maison 20.00 Ismaël m’appelle alors que je suis en train de chercher une place de parking en bas de chez moi. Walou ! Je fais de grands sourires au gardien pour qu’il daigne s’occuper de mon cas, pas envie de faire un énième tour de pâté. Ah ! finalement une place à demi-interdite se libère, je me gare dare dare et re-sourire au gardien qui promet de m’appeler si jamais les Mad-Max (les dépanneuses) arrivent. Ismail passait par là et il a soif. Après quelques Margaritas, Dalil arrive avec un autre membre de l’amicale des handicapés du cortex.

Bodéga 22.00 Déjà pleine à craquer !!! en bons toutous nous mangeons nos croquettes bien grasses dans un petit coin. Tout le monde connaît tout le monde mais aucune conversation n’est possible. La communication se trouve réduite au strict minimum : œillades aguicheuse et moues dégoûtées. Dalil et l’handicapé s’en vont à la chasse à la meuf. Un navetteur au teint gris, en costard en en cravate rayée me fait un grand sourire du genre : « souviens-toi du 23 septembre, devant les toilettes du 6ème wagon ?… ». Il me demande si je suis seule. Je réponds, que non, que je suis avec mes amis, je lui désigne Dalil et son comparse en grande conversation avec des minettes boudeuses. Ca ne lui prend que deux secondes pour les jauger. Aucun danger, il y va de plus belle, et ton numéro, et qu’est ce que tu fais dans la vie… je ne donne aucune réponse, il continue à poser ses questions… Je me sauve entre les corps et arrive à atteindre le bar avec peine. Un Maï Taï !! Vite !!!

Le Gris me suis encore un peu puis tel un vautour remonte sur sa branche et continue à guetter une éventuelle proie. Je retourne terminer mes croquettes, la table est vide ! rien ! Le serveur a emporté les assiettes à moitié pleines sans nous demander notre avis. Je fais un rapide calcul de la valeur énergétique de mes tapas et me dit que cela vaut bien deux autres cocktails. A chaque chose malheur est bon. Mehdi B. bel éphèbe de la scène casablancaise nous fait une sorte de "Monkey dance". Il soutient le plafond le Bodéga de peur qu’il ne nous tombe sur la tête. Que ferions nous sans lui ?

Amstrong 00.30 On dit que la solitude conserve neuf, je suis "as seule as can be" et je me sens parfaitement usée. La même faune arrive petit à petit. Mehdi B. n’a rien à soutenir, il se poste devant le groupe canadiens et fait de grand sourires, il tient une bouteille de bière à la main, à aucun moment il ne boit. Le Michel de service se poste avec son tam tam. « Super popotin 1 » et « Super Popotin 2 - le retour » montent sur la scène et en avant les shake shake frénétiques. Une laissée pour compte monte sur une table … frétillement limite vulgaire d’une presque mutante …

02.30 Rencontre avec deux wanadiens, 15 minutes top chrono chacun, je retourne à mon verre, seule. Une bande de vieux s’agitent frénétiquement avec cette gestuelle particulière au plus de 40 ans, réminiscence du disco. Je me fais aborder par une demi-douzaine de mec. Courage de fin de soirée. Je dois représenter une espèce de fin de série, en soldes.

03.30 Dalil et son copain on accroché les deux meufs et décident de partir avec elles. Je décide de rentrer. Dégoûtée, je pense que vais devoir conduire, j’enchaîne les verres d’eau et les allées venues aux toilettes. Je dessaoule et regarde autour de moi, une immense tristesse m’envahit.

Maison 04.00 Je rentre. Je me démaquille, m’allonge Je me sens lasse face à l’ampleur de la tâche. J’ai peur de devenir moi aussi, comme dans la chanson de Zazie, une femme Téfal sur laquelle rien n’attache. Je me roule un joint et continue de fixer le plafond en attendant des jours meilleurs. On a tous les droits quand on a le spleen.