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dimanche 28 novembre 2004

Do you Wanadoo ?


Décryptage des petites annonces à la marocaine

Bon, j’en ai rencontré du monde sur internet. Ca reste encore pour moi le moyen le plus rapide de se faire des amis ( et plus si affinité). Au début, je faisais dans l’international, je me trouvait des Jules et les plans de vacances qui vont avec … (Clin d’œil à Andy, Juanca et les autres)…

Depuis quelques temps, vu que je n’ai plus la possibilité de partir en vadrouille quand je veux, je fais dans le local. Et j’admet, hélas, que mon expérience marocaine s’est révélée désastreuse.

Après ces quelques années de pratique, moi qui n’aime pourtant pas mettre les gens dans des boites, j’ai appris que l’on peut répertorier tout ce beau monde en deux grandes familles : Proumiane (Première qualité) et Douziame (deuxième qualité) – Il y a bien entendu, des troisièmes et quatrièmes qualités mais bon, en général, ceux-là, ils ne savent même pas écrire, c’est Moul Cyber qui leur écrit n’importe quoi juste pour que les gars ferment leur gueules..).

Commençons par les « Douziame », famille dont je n’ai pas pu approfondir l’étude, vu quelques problèmes de langue et de communication. Cependant, j’ai pu rassembler quelque notions :

1. Les « Douziame ».

Pas tout à fait con, et pas tout à fait intelligent. Marocain de base. Il cherche « le sérieux » et se dit « capable ». Voici un petit lexique de base pour les néophytes qui souhaiteraient, dans un élan masochiste, ou pour expier un quelconque péché, aborder les petites annonces de cette catégorie :

Capable : c’est le contraire de chômeur

Calme : Je ne suis pas un alcoloo déclaré et je n'ai pas d'ennuis avec la police.

Discret : marié, ou cherche femme mariée, pour forniquer en toute discrétion.

Quelqu'un de bien : Là, rien à voir avec la chanson de Enzo Enzo, "Bien" est simplement un synonyme de calme, voir plus haut.

Simple : (comme dans « homme simple et sérieux, cherche fille simple et de bonne famille »), veut dire « fauché », ou même pauvre. Genre je touche 3000 dhs et j’annonce la couleur.

Casanier : encore un synonyme de simple, donc de fauché… « T’auras même pas une sortie au café, je suis casanier. Avec moi, c’est direct, la maison ! »

Fille sérieuse : là, aucune confusion possible, sérieuse = vierge

Charmant : euphémisme pour dire moche

Et puis il y’a la catégorie que j’ai eu tout le loisir d’étudier :

2. Les « Proumiane » :

Les « Proumiane », vaste famille d’internautes très actifs, merci le bureau, merci l’ADSL, comporte plusieurs espèces :

2.1 Les « entre midi-et-deux » : ce sont en général des cadres sup plus ou moins jeunes, plus ou moins dynamiques, en mal de « cinq à sept ». Il mettent beaucoup de verve à écrire leurs messages, qu’ils veulent à leur image : Claaaaasse !!! Habitués aux présentations Power Point, ils font dans les phrase choc et chic. Ils mettent toujours « statut marital non spécifié », qui veut dire en language Wanadoo : « Je suis marié, t’auras pas mon numéro de tel, et toutes les rencontres entre nous aurions à l’horizontale… (ou à la verticale, si tu aimes la brouette thaïlandaise) » En général, ils affichent la couleur depuis le début, et invoquent la routine, le désamour pour rentrer dans votre vie et éventuellement dans votre lit …

2.2 Les «célibataires mais pas tout à fait» : C’est l’espèce la plus dangereuse, car elle cache bien son jeu. Prenons, l’exemple de mon ex, celui à l’esthéticienne, qui a mis une annonce sur Wanadoo aussi et qui cherchait, je cite, : « Très belle, Très charmante, Très intelligente & Très cultivée (and nothing less) ». Moralité : Faut jamais croire la pub … Il s’est remis avec son ex qui est peut être Très belle, Très charmante mais pour la culture et l’intelligence faudra repasser …même moche ou bête, chacun à sa chance sur Wanadoo…

2.3 Les indécis: Ce sont les plus nombreux … pas l’affaire du siècle mais en ces temps de disette, on va pas faire la fine bouche… Leur problème à eux, c’est qu’ils ont le syndrome du Super marché. Devant toute cette offre, ils ne savent plus où donner de la tête… Ils papillonnent l’hair ahuri d’un profil à l’autre… n’arrivent à approfondir aucun dossier et se retrouvent vite désemparés à court d’argument. Cependant, ils ne lâchent jamais une affaire, ils s’efforcent de garder une pseudo relation avec des messages chaque deux trois jours du genre « ca va ? », « alors ce week-end ? », «et qu'est ce que tu fais ce we? » … mais ils se gardent bien de proposer une quelconque rencontre … Ils sont sur Internet parce que c’est l’unique endroit où ils ont l’impression d’avoir le choix ! Verdict : A fuir comme la peste !!!

2.4 Les étrangers (N’sara) : Quelle superbe arnaque que cette espèce !!!

2.4.1 - 1 ère sous-espèce : Les N’sara « fraîchement débarqués » : Ceux là s’inscrivent dans un site de rencontre, alors qu’en fait, c’est d’un guide qu’ils ont besoin. Une fois qu’ils ont fait leur emplettes à Derb Ghallef, connu les quelques spot de Casa… une fois qu’ils réalisent que toutes les meufs ne portent pas de hijab et que même après 23h00, les bars et restos de la ville regorgent de petits culs bien bombés … Needless to say, ils ne vous rappellent plus !

2.4.2 - 2ème sous-espèce : Les N’sara « Là depuis toujours » : Ceux là ont complètement assimilés les codes machistes marocains. Ils accolent des adjectifs racoleurs à leur pseudo du genre « Prince français », «François de Bourgogne » … Ce sont des gars qui n’ont jamais respiré que la fumée des bus casablancais et qui utilisent leur statut de nsrani à tout va… en général se sont des losers fauchés et bien intégrés qui n’ont aucun intérêt !

Et puis il existe des combinaisons infinies : « N’sara fraîchement débarqués » - « Là depuis toujours » ou bien « Célibataires mais pas tout à fait » - « Indécis », etc.

Bon, je ne suis pas experte en taxinomie et en général, je n’aime pas enfermer les gens dans des définitions. Mais là, franchement, devant le foisonnement Wanadien, je n’ai pas pu m’en empêcher … Un grand « hello » à tout ceux qui se reconnaîtront dans ces profils ...

jeudi 25 novembre 2004

De l'impossibilité de se dénicher une clique

Les cliques, comme on les appelle au Maroc, entrent et sortent de ma vie, sifflent la sangria, vident le buffet, trois petits tours et puis s’en vont...

Je parviens à peine à conserver l’ébauche d’une vie sociale, le squelette d’un cercle de « connaissances ». Ce qui n’est pas pour déplaire à Fatéma, la bonne, qui déteste laver les verres et vider les cendriers le dimanche matin. Samedi , début de soirée, je repasse en revue le cercle de mes copines filles :

Oumy, a mal au ventre, Vanille, la chienne lui sert de bouillotte. Et puis, elle n’a pas très envie de respirer de la fumée de Fortuna… ok. Oumy ne sort pas… Inès, pas la peine de l’appeler, elle n’a aucune parole, c’est le genre à me laisser poireauter pendant une heure sans même décommander … elle m’expliquera plus tard, beaucoup plus tard, qu’elle a été obligée de rester au bureau, ou bien pire, qu’elle a dû aller à une soirée où on devait lui présentait un garçon « pas mal » qui au final s’est avéré être un petit chauve méchant, dont la seule qualité était de savoir imiter (à peu près) Abderraouf … ( Inès sii tu m’entends : « Bien fait pour ta gueule !! » )

Les plans ex’s ? même pas la peine d’y penser. C’est quand on a plus grand chose à se dire en privé qu’ils proposent de se faire une petite soirée peinarde à la maison … genre je vais ramener le vin, bla bla, bla … et tout ce qu’ils n’oublient pas c’est la boite de durex …

Reste les amis mecs, ceux-là ne pensent qu’à dragouiller, mais paradoxalement, ils affichent un sourire de bouledogue chaque fois qu’un gars s’intéresse un moi en soirée … n’importe quoi .. Je dois me résoudre à cette triste évidence :

Je n’ai jamais pu m’intégrer à aucun cercle. Il est loin maintenant le temps béni du lycée où ma popularité atteignait des sommets vertigineux. Je suis à présent une apatride de la fête, une handicapée de la clique.

mardi 23 novembre 2004

Les mutantes / Strange little girls, where are u going ?

Je me suis rendue compte que je me référait souvent aux mutants et surtout aux mutantes. Mon grand complexe devant l'éternel. J'emprunte ce post que j'avais envoyé à mon ami Gar Amud, juste pour expliquer...

Les mutantes ne mangent pas ou si peu. Les mutantes fument mais ne boivent pas. Leur habitat naturel s'étend du Mégarama au Candy bar, en passant par le Théorème Beach. Les mutantes ne travaillent pas, ou si peu. Les mutantes sont, comme dirait Tori Amos des "Girls who eat pizza and never gain weight". Les mutantes ne marchent pas, elles flottent. Elles trônent sur les sièges avant de 4x4 rutilants qui n'ont jamais vu de boue. Les mutantes ne rient pas, elle pouffent.

Les mutantes s'accouplent pourtant, avec des mutants, cela va de soi. Les mutants mâles ont beaucoup de mal à garder la "mutant attitude", malgré les Pulls collants et les chemises étroites à grand col du samedi soir. Le mutant boit et ca se voit. Le mutant fume le cigare en exhibant sa mutante du jour. Contrairement à la femelle, le mutant mâle ne danse pas, il mate. Les mutantes ont une sexualité aseptisée, le ticket de métro impeccable, la peau satinée, les fluides corporels parfumés...

Le drame est qu'on né mutant ou pas... Et puis comme dirait encore Tori Amos : " Pianos can't be guitars" ...

lundi 22 novembre 2004

Back from Week-end land

United Colors of Bande de Cons

Vendredi :
Dîner nippon avec un mec beaucoup trop jeune pour moi. Entre deux bouchées, il me fait un regard à la James Dean et me dit : "Ce soir, j'ai le monopole de la confiance en soi ... qu'est ce qui t'arrives ? "
Je bafouille que c'est le stress et que c’est dur de garder confiance avec tout ce qui se passe, et puis, en bonne arabe, je blâme l’axe américano-sioniste pour mon manque de bol sur le marché de la séduction.
Je rentre à la maison, seule, et digère mes sushi en regardant des films sur Pink tv. How low can u get ?
Samedi :
Je prends mon petit déjeuner chez moi seule devant la télé, entourée de journaux. C’est bon.
Déjeuner avec ma copine et sa chienne, entre filles quoi.

Samedi soir :
Mon ex (?) ne répondait plus au tel – erase and rewind. Je devais quand même récupérer mes affaires, deux cd, un DVD, du Tori Amos, je devais les reprendre. Donc, je passe chez lui, comme ça à l’improviste.
Je n’avais jamais regardé un escargot dans les yeux avant. Enfin, je ne sais pas s’ils ont le regard vide, triste ou mélancolique… leur petites antennes se cachent si vite, si doucement.
Et pourtant, j'étais sûr que mon ex avait ce regard là quand j’ai découvert le pot aux roses… je l’ai trouvé chez lui avec son ex … et oui, return of the ex, une esthéticienne plantureuse … elle l’appelait : « chériiii, viens voir qui te demande… chériiii. »… il avait touj ours juré qu’il ne se remettrait jamais avec elle, jamais, jamais, jamais. Qu’il voulait juste être seul, se retrouver…
C’était tellement pathétique que ça en était devenu comique, je la regardais et j'entendais: "Chériiii … rampe jusqu’à moi, ramène moi ton corps baveux de larve sans volonté … Chéri, je sais que tu ploies sous le poids de ta lâcheté mais fais un effort … chéri … viens t’exposer à un peu de dédain … chéri … ne sois pas triste tu pourras me croquer les fesses plus tard, hein tu aimes ça ? …"
Sur le coup, j’étais sidérée … c’est vrai, je l’avoue, plus tard, dans la voiture, j’ai chialé un bon coup … j’ai versé quelques larmes sur ma crédulité, survivante d’entre les survivantes…
Mais sur le coup, la larve m’a fait pitié … « self conscious paunch under narrow shoulders »…
La nana, une parfaite mutante … tout en noir, catwoman… dans l’ascenceur, alors que la larve descend avec moi pour me remettre un cd laissé dans sa voiture, je me regardait dans la glace, et souriait à mon reflet, une nana toute ronde habillée en United Colors of bande de cons. Une gay pride à elle toute seule. Et je me dit : non wonder …
Je rentre chez moi, annule mes plans de sortie. Je cuve mon désespoir.

Dimanche matin.
Je me lève avec une furieuse envie d’iode. Journée plage.
J’ai passé la journée à me prélasser sur le sable, à boire du thé orange cannelle en criant après Vanille, la chienne, qui faisait vaciller dangereusement notre savant amoncellement de revues, CD, bouteilles et biscuits.
Finalement, je ne me suiciderai pas tout de suite, du moins pas cette année …

Dimanche soir
Atterrissage en douceur from week-end land, ma mère passe la nuit avec moi. Je lui prépare un soufflé pour le diner, il ne tombe pas !!!
Isn't it a wonderful world ?!

vendredi 19 novembre 2004

Independence day

18 Novembre, un jour férié en ville


Oui, je vais devenir la reine de la glandouille. Alerte, les sens en éveil, le museau humide, je m’en vais avec des compagnons de misère squatter les cafés de Casa.
Ce matin, je suis partie avec mon ex recyclé en ami prendre le petit déjeuner à la villa Zévaco. Le petit déjeuner un jour férié. J’émerge d’une demi-gueule de bois. J’essaye de profiter des rares rayons de soleil, en écoutant le babil de l’ex, modèle d’un recyclage réussi. Entre le khlii revisité et le jus d’orange « frais », je m’appliquait à regarder et répertorier la faune environnante.

D’abord, il y a les nymphettes. La mine quelque peu défaite, telle la rose du petit prince, elles ne s’étaient pas assez pomponnées, elles avaient les pétales un peu fripées de celles qui ont trop dormi. Première sortie post-ramadan. Et puis, il y avait les brushinguées du dimanche matin et celles qui puent encore la cigarette de la veille avec leur jogging rose bonbon à boucles d’oreilles assorties, leurs baskets qui n’ont jamais vu de poussière, la deuxième catégorie quoi. « douziame » dial les mutantes, comme ont dirait à derb ghellef.

Devant nous un couple à poussette se regardait sans se voir. Le bébé braillait. La mère avait le ventre plat propre au mutantes qui viennent de se reproduire. Elle regardait son rejeton avec dédain. Il bavait. C’était pas prévu ça. Le mari avait cet air empâté de l’homme domestiqué. Un gros chat castré…

et puis les célibataires mâles qui affichaient cet air serein de lions bien repus. De la meuf, il y a en avait partout, pour tous les goûts… de toute évidence, les jeunes matous n’étaient pas d’humeur à mater ce matin.

J’ai dû me résoudre à rentrer à la maison donner quelque instructions à la femme de ménage pour ressortir encore une fois déjeuner avec des copines…

Là, sur une terrasse ensoleillée un bavardage de fassies encore plus saoulant. En deux heures, la nana a passé en revue toutes les fortunes de Fès et Meknès… et untel a épousé unetelle, qui se faisait passer pour la fille de X alors qu’en fait elle a fait pute dans une maison close suisse pendant 10 ans … qu’est ce que tu crois ?

A moi, qui expliquait que les mecs tombaient surtout amoureux de détails du genre une cuisse, une fesse, une clavicule, elle me réponds : « Mais tu rêves, les mecs maintenant, ça tombe amoureux d’une fiche de paie, d’une compte bien garni, d’un beau papa plein aux as… » et pendant qu’elle continuait son énumération de tout ce que je n’avais pas, je pensais « Ma pauvre vieille, tu ne vas jamais te reproduire… les mutantes ont gagné. Tu es une espèce en voie de disparition, tu n’as pas muté, la sélection naturelle fait son œuvre … » Safi.

A ce moment là je me désintéresse de la conversation que j’avais déjà du mal à suivre tant ça puait le déjà-entendu, le rabâché-réchauffé … je fixe une araignée funambule sur un des petits palmiers de la terrasse… je sens le soleil pénétrer chacun de mes pores je m’abandonne à la douce chaleur de la vie … des mots me parviennent « tous les mêmes », « rien que des obsédés », « que des salauds »… Je regarde mon araignée et je souris.

mercredi 17 novembre 2004

Me, soft

Pianos can't be guitars

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